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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:05

  10ème Chapitre:  BOUSSEMGHOUN   5

 

Lundi 11 Avril 1960 : Départ en opération à 6 heures. Fouille d’oueds sur le djebel Taméda. Retour à 23 h. Très fatigant, sans plus.

     

12 Avril : Départ à 9 heures. Les chauffeurs font leur possible pour nous amener au plus près des premiers enrochements du Taméda que nous devons grimper. Nous devions être héliportés; dans cette éventualité, on avait chargé un peu plus le sac à dos… mais cela n'a pu se faire. Ce qui explique le retard; on ne part jamais à une heure aussi tardive, surtout pour grimper ce djebel. Trop tard pour s'alléger...

 

1960-037--Les-deux-inseparables-jpg

  Cendras et Dramez, deux 'ch'tis' fort sympathiques. 

 

        L’ascension de  ce djebel s’est  fait péniblement. Il se situe toujours à la même altitude..., donc près de 1000 mètres à grimper. Arrivés au sommet, nous tombons sur le PC du Bataillon. Les officiers nous regardent arriver sans rien dire. Nos regards ne doivent pas les encourager à faire les premiers pas... mais peut-être pensent-ils: "Pauvres bidasses!..."

 

1960-034--Descente-du-djebel-jpg

 

       Ils paraissent peu fatigués. Nous passons devant des tables sur lesquelles trônent des verres, des bouteilles vides ou bien entamées...Quelques chaises pliantes sont disposées tout autour. L’Intendance les a suivis. Avec les hélicos beaucoup de choses sont possibles… Les sections se répartissent sur le sommet. Il est environ 17 heures et, pour ce soir, nous ne bougerons pas de notre position. Avec le sac de couchage, nous devrions avoir moins froid qu'enroulés dans une toile de tente.

        Finalement, on pense avoir bien fait en prenant ce couchage car, à 2000 mètres d'altitude, il ne devrait pas faire si chaud que ça cette nuit. 

 

Mercredi 13 Avril : C'est sûr, la nuit a été froide. Aussi bien, en crapahutant, le soleil nous paraitra trop chaud dans la journée. L’ordre de démarrer est donné à 7 heures. Ratissage d’oueds en descendant sur la face opposée à Boussemghoun.

     Les pièces FM sont sur les côtés, légèrement en retrait des deux équipes de voltigeurs qui fouillent le fond de l’oued. Derrière celles-ci, le chef de section et son radio. Depuis ma nomination au grade de caporal, je suis responsable d’une équipe de voltigeurs. Auparavant, j’assumais les fonctions de radio auprès du chef de section. Cela ne me plaisait pas. Etre aux bottes de quelqu’un ne m’a jamais convenu...

 

       Dans cette opération, le 8è RIMa parait être au complet, tout au moins notre Bataillon. Comme très souvent, la Légion est dans le secteur. On découvre des cadavres de fellaghas tués depuis plusieurs mois. Ce ne sont plus que des squelettes portant encore leurs vêtements en lambeaux et quelques restes de chairs. Des caches sont découvertes contenant des équipements militaires, quelques armes et des munitions. Un fellagha est fait prisonnier. Je suis persuadé qu’on doit passer pas loin de rebelles sans s’en rendre compte. Ce djebel n’est pas aussi désert qu’on pourrait le penser mais c’est à nous de le prouver... Le retour se fait sur Boussemghoun à 20 heures, après pas mal de kilomètres de tape-cul en GMC. Si on n’attrape pas des ampoules aux fesses maintenant, on n’en attrapera jamais plus. Nous arrivons au camp  fatigués. La bouffe et… au plumard. L’extinction des feux se fera sans problème…

 

Jeudi 14 Avril : Repos tout le jour à part une liaison au poste de Noukhila. Il y a beaucoup de vent et le sable qui tourbillonne vient nous fouetter le visage. Les lunettes et le chèche nous protège un peu. Au retour, j'apprend que ma permission est accordée pour la deuxième quinzaine de juillet. Cette nouvelle, bien qu’elle me réjouisse, m’a tracassé toute la soirée. Encore 90 jours d'attente pour revoir la famille. Trois mois, c’est bien loin encore et il peut se passer énormément  de choses… La tête travaille, le moral flanche, c’est malsain.  C’était une bonne nouvelle pourtant.

 

Vendredi 15 Avril : Corvées de pierres et de sable le matin. L’après-midi, lavage du linge à l’oued de la palmeraie; certains utilisent la brosse, d'autres, l'arme à la main, surveillent. On ne s'éloignait jamais du camp sans son arme, même pour aller au douar. Au rythme de la descente du soleil sur l’horizon, les dunes de sable se modifient dans leur aspect, leur couleur et dans leur relief. Cela pourrait être un enchantement si la maison familiale n’était pas si loin…

 

Samedi 16 Avril : Section de Jour. Le soir, cinéma au PC du Bataillon ; un film de capes et d’épées dont je ne me souviens plus du titre. C'est sans importance. Les mouches se font de plus en plus ennuyeuses; nous utilisons les moustiquaires individuelles pour pouvoir dormir sans être trop dérangés.

 

Dimanche 17 Avril : C’est Pâques. Nous espérons avoir la paix et peut-être bien manger un morceau d’agneau. Finalement nous n’aurons que du… poulet-frites avec, au préalable, un vin cuit à l'apéritif, puis salade verte, fromage et fruits. Nous avons eu droit à des bouteilles de vin cachetées. Il y a eu une bonne ambiance tout au long de ce repas, l’apéritif et le soleil assez vif y étant pour beaucoup. Départ à 16 heures pour accompagner le Ciné-bus qui se rend à Noukhila où nous y passerons la nuit. 

 

Lundi 18 Avril : Départ de Noukhila à 8 heures pour escorter le Ciné-bus qui se rend à Chéllâla. Retour à 13 heures au camp. Départ à 15 heures pour une opération sur la piste de la mort afin de renforcer les légionnaires qui crapahutent dans le secteur. Nuit passée sur le terrain.

 

Mardi 19 Avril : En bouclage tout le jour. Il est rare que les unités du bouclage aient l'occasion de se distinguer. C'est la règle, chacun à sa place.

           Nous décrochons à 17 heures. Bilan pour la Légion : 14 fellaghas tués et 12 prisonniers. L’armement est saisi. 6 tués et 4 blessés malheureusement chez les légionnaires qui sont là pour faire, avec les paras, le plus sale boulot dans cette guerre sans nom. Quant on observait l’armement saisi, on se disait que les rebelles n’avaient rien à nous envier.

        Les dépôts d'armes abandonnés par les différentes armées ayant combattues en Tripolitaine sont à la disposition de ceux qui veulent s'en servir. La Tunisie, le Maroc et surtout l'Algérie  les utilisèrent rapidement. Par la suite, les pays fournisseurs d'armes à l'Algérie furent: l'Urss et les pays de l'Est, le Moyen-Orient et l'Europe occidentale.  

 

        "L'aide de l'étranger se matérialise. La reine de Jordanie prête aux services spéciaux égyptiens son yacht personnel, le "Dinah", pour effectuer des transports d'armes fournies par l'Egypte, d'Alexandrie aux ports du Maroc espagnol. En septembre de 1956, son yacht s'échoue dans une petite crique du Maroc. Sa cargaison, contituée d'armes individuelles et collectives, est acheminée vers l'Oranais et l'Ouarsenis. Le 2 octobre, des attaques de rebelles se déclenchent à Marnia, Tlemcen et Nédroma ". ("La guerre secrète en Algérie" par le général Henri Jacquin).

 

             "Le 16 octobre 1956, L'Athos est arraisonné. Ce navire était bien connu de la Surmar, (Surveillance maritime), dont le PC se trouve à Mers-el-Kébir; elle contrôle non seulement les 1 300 km de la façade maritime de l'Algérie, mais pousse des moyens d'investigation, lamparos des sections de patrouille littorale, vedettes, dragueurs, escorteurs d'escadre, depuis les moindres criques jusqu'à la haute mer. En outre, les patrouilles de l'aéronavale quadrillent la majeure partie de la Méditerranée occidentale.

          L'Athos était un ancien dragueur de mines. Nasser avait imaginé de l'utiliser pour transporter d'Egypte au Maroc des cargaisons d'armes destinées aux unités de l'ALN stationnées dans le royaume chérifien.

              Le 4 octobre 1956, l'Athos chargé dans le port d'Alexandrie fait route vers la Sicile, puis vers la côte marocaine. L'escorteur 'Commandant de Pimodan' l'arraisonne le 16 octobre à 10 heures. Fouille approfondie. On trouve soixante-douze tonnes de fret  en armement et munition. De quoi doubler ou tripler le nombre des mortiers et mitrailleuses des unités rebelles opérant en Algérie et renforcer sérieusement leur dotation en fusils de guerre et fusils-mitrailleurs. Pendant ce temps, Ben Bella se trouve à Nador, au Maroc espagnol, où il espère réceptionner le matériel transporté sur l'Athos.". ('Histoire Militaire de la Guerre d'Algérie' par Henri le Mire).

             Ben Bella et ses trois autres compagnons de lutte à savoir, Khidder, Boudiaf, et Aït Ahmed, ne réceptionneront jamais cet armement. Ils seront fait prisonnier le même jour à  Alger-Maison Blanche où leur avion avait été détourné par l'armée française. 

 

Mercredi 20 Avril : Corvée de pierres, de 9 à 11 heures. L’après-midi, repos.

 

Jeudi 21 Avril : Section de Jour. Tir d'entrainement au fusil et au PM le matin. Corvées diverses l’après-midi.

 

Vendredi 22 Avril : Section de Jour au Bataillon.

 

Samedi 23 Avril : Départ à 6 heures. Fouille de douars abandonnés par leurs populations, suite aux directives de l’Armée.

 

1960-067--Fouille-de-douar-abandonne-jpg

                         Fouille d'un ksar dont la population fut déplacée. Il semblerait que ce soit Chellala Gueblia situé à 5 km à l'Est de Chellala où se situait notre base-arrière. Paysage grandiose.

 

          Des milliers d'Algériens ont été ainsi soustraits à leurs habitudes, à leur mode de vie pour rejoindre des camps de regroupement, en des lieux prétendument sûrs, tels près des Postes militaires. Dès le début des évènements en Algérie, l'armée avait bien compris que ces populations servaient de soutien logistique aux rebelles en leur fournissant le gite et le couvert. Ceux-ci se diluaient dans la population lors des opérations militaires. Aussi, dès 1958, le commandement décide de couper les rebelles des populations en regroupant ces dernières afin de les soustraire à leur emprise néfaste. A la fin de la guerre, 1 250 000 musulmans auront été ainsi déplacés. L’armée pensait qu’en agissant ainsi ces populations n’auraient plus de contact avec la rébellion. Elle s’est parfois trompée mais il faut reconnaitre que des résultats appréciables n’ont pu être enregistrés qu’à la suite de décisions importantes de ce genre.

 

1960-068--Fouille-de-douar-abandonne-jpg

         Halte-repas pour une section. D'autres éléments continuent les fouilles.

 

          Dans ces camps, les conditions d’hygiène y étaient précaires et la nourriture chichement distribuée afin que les fellaghas, toujours à l’affût, n’en profitent. Comme toujours, la population ballotée entre les désirs des uns et ceux des autres, faisait les frais de cette situation.

 

         "Dans les camps de regroupement eux-mêmes, des réseaux constitués essentiellement de femmes réussissaient à faire parvenir de la nourriture... Car c'est à elles qu'incombaient les corvées de bois ou la cultures des terres laissées en friche. Elles s'arrangeaient pour amener avec elles des galettes de pain ou des petites quantités de semoule ou de couscous roulé. Cela devenait presque normal qu'une femme sorte du camp en emportant avec elle la 'part du djoundi'. Et ainsi, de tous les camps, sortaient des quantités plus ou moins importantes de vivres qui étaient destinées aux maquis... Une organisation du peuple se mettant spontanément en place pour maintenir le lien avec son avant-garde armée, il devenait très difficile à l'armée française de contrer ces nouvelles formes de résistance, qui n'étaient ni préconçues ni planifiées. Pour leur trouver une parade raisonnée, le commandement du Plan Challe prenait fatalement du retard et il lui fallait quelques temps pour en saisir la logique et trouver une nouvelle parade. L''Etat Major français découvrait, dans les faits, qu'on ne pouvait pas mener une guerre victorieuse contre le peuple". ( " Militaires et Guérilla dans la guerre d'Algérie" de J.C. Jauffret et M. Vaïsse).

 

1959-174- Dans un campement arabe.

               Passage devant une kheima 

 

Dimanche 24 Avril : Au repos tout le jour.

 

Lundi 25 Avril : Départ à 7 heures. Opération sur le Tanout. Retour à 23 heures. Très fatigant.

 

Mardi 26 Avril : Douche le matin et liaison à Noukhila  de 13 à 17 heures.

 

Mercredi 27 Avril : Départ à 2 heures. Nous bénéficions de 3 heures de tape-cul en bahut sur des pistes qui n'en ont que le nom,pour atteindre une zone où, il y a très peu de temps, eut lieu une embuscade importante. Au lever du jour, on procède à des ratissages très durs sur un terrain montagneux et aride. Retour à minuit au camp. On a fait le tour du cadran… on est fatigués.

 

Jeudi 28 Avril : Repos le matin. Section de Jour au Bataillon à partir de 11 heures. Corvée de pierres l’après-midi.

 

Vendredi 29 Avril : Corvée de pierres. Il faut aller les chercher de plus en plus loin… ce n’est pas comme le sable que le vent violent soulève lors de fortes bourrasques. Le Nord 2500 a parachuté des vivres. Les colis, en arrivant au sol, trainés par les parachutes, se sont ouverts.On a pu récupérer des mandarines très facilement...

 

           "En 1960, sur la lancée du plan Challe, l'action militaire continue sans désemparer. L'opération 'Jumelles' se termine en avril. La persévérance a payé; la Wilaya III (Province FLN) a perdu finalement 6 300 combattants, soit 60 %  de son potentiel, la moitié de son armement.

               Le nombre de Musulmans qui luttent à nos côtés est passé de 30 000 en 1957 à plus de 200 000 en 1960. L'effectif total de l'ALN de l'intérieur, qui en 1958 avait plafonné à 46 000 hommes, descend, en 1960, à 20 000. En 1961, l'effectif des combattants se réduira à 16 000. A l'époque des pourparlers d'Evian, il ne comptera plus que 7 000 hommes armés, 'réguliers' ou 'supplétifs' ". ('Histoire Militaire de la Guerre d'Algérie' par Henri Le Mire).

 

Samedi 30 Avril : Tir au FM et au fusil à 200 m. A 17 heures, revue d’armes par le lieutenant Michaud, un deux barrettes d'active qui remplace momentanément notre chef de section habituel, lequel, quillard, est rentré en France. .D'autres chefs de section nous furent affectés tels les sous-lieutenants Barbotteau et Fischer puis un sous-officier, l’adjudant Cararo, un militaire de carrière. J’ai conservé un excellent souvenir de tous ces gradés car ils ont toujours été corrects envers nous. 90 % des chefs de sections des unités opérationnelles de l’Infanterie seront des officiers formés à l’école de Cherchell en Algérie.

 

       L’Algérie sera le dernier conflit où le contingent se trouvera engagé. Le Parlement votera la réforme du Service National qui sera remplacé par un "Rendez-vous citoyen" de six jours à partir de 2002 et étendu aux filles en 2003. Les derniers appelés fêteront la Quille en 2002.

 

Naissance du Service militaire: 

      "Le 19 fructidor An VI (5 septembre 1798), sous le Directoire, Jean-Baptiste JOURDAN, à l'Assemblée des Cinq-Cents et ancien vainqueur de Fleurus, fait voter une loi qui institue la Conscription et le Service militaire obligatoire. Tous les jeunes, entre 20 et 25 ans, doivent s'inscrire sur les registres communaux. L'article premier de la loi JOURDAN énonce: 'Tout Français est soldat et se doit à la défense de la Patrie...' Avec cette loi, la guerre n'est plus réservée à des professionnels comme sous l'Ancien Régime, quand les souverains recrutaient les soldats parmi les vagabonds et les officiers parmi les jeunes nobles en mal d'aventure et de gloire". (Fabienne Manière - Hérodote).

 

          C'en est fini des armées de métier, formées de nobles et de mercenaires. Le peuple entier est appelé à mourir sur les champs de bataille. La Révolution égalitariste banalise un privilège jusqu'alors réservé à quelques uns. Elle démocratise la gloire et le trépas". (René Sedillot - Le Coût de la Révolution française).

 

           A mon avis, la décision prise par le président Chirac, de supprimer le Service militaire national et le remplacer par une armée de métier a été une mauvaise décision. L'Armée se devait de rester le creuset indispensable pour former des jeunes hommes, dans le cadre d'une période, certes plus courte, avec comme motivation principale, la défense de la Patrie mais aussi l'apprentissage du respect d'autrui, le civisme, l'obéissance, les règlesde la vie en communauté et la fierté de représenter la FRANCE et ses valeurs républicaines. Ce qui n'empêchait pas la constitution d'un contingent professionnel pour des interventions hors sol national. Mais, à chacun son idée.  

 

Dimanche 1er Mai 1960 : C’est la "fête des Travailleurs"… départ à 5 heures pour une opération de bouclage. Retour à 17 heures.

            Le 1er mai, il y a fort longtemps, était dédié à l'amour. Ce jour-là, soit on se coiffait d'une couronne de feuilles et de fleurs, soit on en offrait à la personne aimée. Maintenant, c'est le travail ou plutôt, la diminution du temps de travail, que le 1er mai évoque... Les temps ont bien changé.

 

Lundi 2 Mai : Corvée de pierres et travaux de maçonnerie.

 

Mardi 3 Mai : Section de Jour. Mauvais temps, pluie et vent. Arrivée du convoi en provenance d’Aïn Sefra.

 

Mercredi 4 Mai : Départ à 7 heures pour une liaison sur Noukhila puis patrouille avec les camions au pied du Taméda. En ce début de mois de mai, nous bénéficions d'une belle journée. Du haut des camions, on prend le temps de contempler le paysage qui s'étale à perte de vue autour de nous, avec les djebels qui se dressent en arrière plan. On s'approvisionne en souvenirs en prenant des photos car nous ne resterons pas là toute notre vie... Patrouille peu fatigante. On ne risque que de sauter sur une mine… ou écraser des individus imprudents.

 

1960-061--Deux-fellhagas-dans-le-djebel-jpg

S'enterrer dans le sable pour échapper à l'observation aérienne... Ils avaient de l'idée.

 

          C’est ce qui aurait pû arriver à deux fellaghas qui se sont brusquement dressés devant l'haft-track de tête. Ce fut pour eux la frousse de leur vie… Ils s’étaient tout bonnement enfouis dans le sable, laissant seulement dépasser leur tête du sol. Ils avaient de nombreux vêtements sur eux, tel que deux pantalons... pas courant avec la chaleur... Certainement qu'ils approvisionnaient les moudjahidines du coin en tenues vestimentaires. Ils feront deux beaux prisonniers... Retour au camp à 14 heures.

 

Jeudi 5 Mai : Nous percevons de nouvelles tenues d’été. On se demande bien pourquoi car celles que nous avons depuis le camp Lecocq, sont comme neuves. On use surtout des tenues de combat... L’après-midi, on nous pèse à l’infirmerie pour s’assurer qu’on n’a pas grossi…, puis reprise des travaux de maçonnerie. A 20 heures, au Ciné-bus du Bataillon, nous voyons "Le Bagarreur du Kentucky", suivi d’un court métrage sur "Printemps en Laponie". En Première, les "Actualités françaises" qui nous font revoir la France..

 

Vendredi 6 Mai : Liaison à Chéllâla à 8 heures et retour à 13 heures. Corvées diverses pour certains et lavage du linge à l'oued de la palmeraie pour d’autres. On avait pris cette habitude qui était plus commode que de réaliser cette corvée dans un casque lourd.

 

Samedi 7 Mai : Départ à 5 heures. Contournement du Taméda. 15 kilomètres de tape-cul… Fouille d’oueds au pied de ce djebel. Interruption des fouilles. Retour à Boussemghoun à 16 heures. Départ à 17 heures pour Aïn Séfra… 80 kilomètres de tape-cul supplémentaires. Arrivée à minuit.

 

Dimanche 8 Mai : Départ à 6 heures. Opération sur le réseau frontalier. Nous sommes héliportés sur le djebel M’Zi. Ratissage et fouille de terrain. A certains endroits, la terre est littéralement labourée par le tir des T6. L’alfa et les quelques arbustes existants sont brulés par les bombes au napalm. On comprend que le secteur a été l’objet de durs combats.

        Voici ce qu’il en a été de cette opération :

 

        " Le manque d'hommes instruits, d'armes, de munitions, affirment les messages de 'Lofti' à Slimane, met la wilaya V au bord du gouffre. Envoie-moi d'urgence des renforts".

         La base V reçoit donc l'ordre de former des unités de marche avec les combattants campant autour de Ich, de Figuig, et de se frayer un chemin à travers le barrage que des guides sûrs, envoyés dans le djebel Mzi leurs feront franchir.

         Le 6 mai 1960, au lieu de guides, les hors la loi trouvent au rendez-vous les légionnaires du 2è Etranger et les Marsouins du 8ème RIMa. Ils ont 116 tués, perdent 42 prisonniers  dont le chef de détachement, 6 armes collectives, 116 fusils de guerre et un poste-radio. Les rescapés refluent en désordre et sèment la panique dans un deuxième détachement qui se replie rapidement sur le Maroc". ("La guerre secrète en Algérie" par le général Henri JACQUIN).

 

        Arrivés sur le sommet du Mzi, nous n’avons plus qu’à le redescendre en fouillant le terrain et les nombreuses grottes. A part des traces de combat, pour ce qui concerne notre section, nous n’avons rien vu d’autre. L’intérêt des quelques fellaghas susceptibles d’être encore dans les parages n’était pas de se manifester…

            Dans cette opération, nous aurons a déplorer 18 morts dont deux au 8è RIMa (un à la 6ème et un autre à la 5ème Compagnie) et 40 blessés.

              Le retour à Aïn Sefra  se fera à 2 heures du matin.

 

Lundi 9 Mai : Repos tout le jour. Souper dans un restaurant d’Aïn Sefra.

 

Mardi 10 Mai : Départ à 4 heures pour une opération sur la frontière marocaine afin d'essayer de rattraper les quelques fellaghas qui ont réussi à se glisser au travers des troupes. Nous ne trouvons rien et nous n’en saurons pas plus. Nuit passée sur un piton. Nous sommes en mai et les nuits sont un peu moins froides.

 

Mercredi 11 Mai : Départ du sommet à 6 heures 30 pour des ratissages nous amenant  vers la plaine où nous devons récupérer les roulettes qui nous attendent. Arrivée à Aïn Sefra à 11 heures. Repos l’après-midi puis douche et sortie en ville… comme d’habitude.

 

Jeudi 12 Mai : Nettoyage des armes puis bain à la piscine de la Légion de 9 à 11heures. Ensuite, montage des tentes ce qui pourrait signifier que nous sommes là pour quelques jours… Sortie à Aïn Sefra le soir jusqu’à 21 heures.

 

Vendredi 13 Mai : Le matin, piscine à la Légion. Départ à 15 heures pour Méchéria soit près de 100 kilomètres de route. Arrivée à 19 heures. Nous couchons à la belle étoile mais nous ne nous plaignons pas car l’habitude arrange bien souvent les choses.

 

Samedi 14 Mai : Départ à 4 heures. Opération sur la frontière marocaine. Fouille et ratissage de massifs montagneux. En fin de soirée, nous récupérons les bahuts pour un long parcours sur une piste qui nous amène, de nuit, près d'un Poste d'artillerie où nous y bivouaquons. 

 

1960-079--Obusier-de-105-mm-jpg

 

 

       Alors que nous sommes plongés dans un lourd sommeil, vers les 23 heures, des coups d’obusiers de 105 m/m claquent dans la nuit, nous réveillant en sursaut. On n'est pas habitués à ces bruits... Les obus explosent dans la "zone interdite" située entre la frontière marocaine et le barrage électrifié, distants tous deux de quelques kilomètres. S'il y a des fells dans cette zone, ils vont être secoués... Les artilleurs font une démonstration de leur savoir-faire. J’ose espérer qu’à cette époque, l’armée  fournissait déjà des "stopsons" aux artilleurs…

 

Dimanche 15 Mai : Départ à 6 heures du Poste des artilleurs. 3 heures de bahut sur une bonne piste qui nous facilitent le réveil… Ensuite, ratissage  jusqu’à 13 heures. Retour à Aïn Sefra à 19 heures.                                                                       

 

Lundi 16 Mai : Nettoyage corporel qui est une nécessité absolu car la sueur et la poussière ont laissé leurs marques. Avec l’ongle passé sur les joues ou le front, on laisse des traces sur la peau… Echange des vêtements usagers. On en profite pour agrandir les trous… on se retrouve ainsi habillés de neuf de la tête aux pieds ou presque…

 

          Sortie en ville jusqu’à minuit. Quelques uns en profitent pour aller  rendre visite à certaines gentilles dames car Aïn Sefra est bien fourni en ce domaine… Tous les gars qui vont dans ces lieux, ne montent pas forcément avec une de ces personnes... mais généralement, ils cèdent, sinon pourquoi venir... Parfois cela se passait au BMC (Bordel Militaire de Campagne) inclu dans un des bâtiments de la Légion. Là, après un examen sommaire de notre appareillage effectué par un infirmier militaire, nous avions notre autorisation pour, ce que certains appelaient, une saillie. Que ce soit à Boussemghoun ou, plus tard à Noukhila, nous n'avons jamais eu de BMC fixe et encore moins de BMC itinérant. Aussi, les  accompagnements de convois sur Aïn Sefra étaient très prisés… Par ailleurs, je n'ai connu qu'un seul cas d'homoxesualité; le gars, sujet à de graves railleries, n'est pas resté longtemps à la Compagnie...

 

          Dès 1831, le ministère des Armées autorise la création de Bordels Militaires de Campagne en Algérie. L'exploitation sexuelle des prostituées, en ces temps-là, mérite que l'on réfléchisse sur les formes extêmements violentes qu'elle a pu prendre et qui sont passées longtemps sous silence.

 

             "Des institutions de ce type sont mises en place très rapidement dans le Maghreb colonial, autant pour pallier le problème de la contagion vénérienne que pour répondre aux besoins sexuels des militaires. En Algérie, elles s'imposent d'autant plus qu'avant la colonisation, la ségrégation sexuelle des populations est très marquée. Les musulmanes ont ainsi interdiction d'avoir des relations charnelles avec des chrétiens. Afin de contourner ce problème, l'armée va d'abord tenter de recruter, pour ses BMC, des prostituées européennes: Françaises, Espagnoles, Italiennes et Maltaises. Assez vite, elle est confrontée à deux problèmes: trop peu de prostituées expatriées au regard du nombre croissant de militaires envoyés sur le terrain, et un véritable désir des soldats d'avoir des relations intimes avec des femmes algériennes, marocaines et tunisiennes. D'une certaine manière, cela fait partie de l'aventure coloniale: assouvir son fantasme d'exotisme...

              Les BMC sont crées par l'armée là où il n'y a pas d'autres structures prostitutionnelles (maisons de tolérance ou quartiers réservés): dans les campagnes, les montagnes, les zones semi-désertiques ou désertiques. Ces BMC peuvent être fixes ou itinérants. Des médecins militaires sont chargés des contrôles sanitaires. Le plus souvent, c'est une tenancière 'indigène' qui gère ce type d'établissement. Pour ce faire, elle passe avec l'armée un contrat qui définit ses obligations.

               Les BMC ne sont rien d'autre que du commerce d'abattage. Certains jours, les femmes peuvent faire jusqu'à 60 passes, parfois plus. Les BMC sont généralement ouverts à la troupe dans la journée et aux gradés à partir de 22 heures.

             Dans les BMC, comme dans les maisons de tolérance, les filles sont totalement exploitées. Elles ne touchent que très rarement un pourcentage sur le produit des passes et vivent d'expédients qui se réduisent aux faibles et exceptionnels pourboires des clients. Ne possédant rien en propre ou peu de choses (d'ailleurs payés à des taux usuraires grâce à la rapacité de patronnes qui s'arrangent pour les couper du monde extérieur), étant théoriquement nourries par les concessionnaires, ces femmes sont pressurées au maximum et plongent inévitablement dans un endettement qui est le garant essentiel de leur docilité. 

                Ce sujet demeure tabou parce qu'il touche à l'intime, au charnel tout en faisant lien avec la violence sexuelle et la domination coloniale. La violence sexuelle coloniale est un refoulé de nos mémoires communes. Côté français, il est difficile de reconnaitre, et peut-être plus encore d'assumer, que des femmes indigènes aient été massivement utilisées pour la convenance sexuelle des militaires et des civils. Côté maghrébin, aujourd'hui, le silence couvre la honte". ("La Prostitution coloniale. Algérie, Maroc, Tunisie, 1830-1962" par Christelle Taraud).

 

Mardi 17 Mai : Repos, nettoyage des armes et sortie en ville le soir. Avec le pantalon plus ou moins bouffant et le chapeau qui penche de tous les bords, nous n’avons pas l’allure aussi altière que les paras avec la tenue camouflée et le béret rouge. On est comme on nous habille… et puis, comme l'on sait, l’habit ne faisant pas le moine...

 

Mercredi 18 Mai : L’opération sur le barrage est reportée en raison du mauvais temps. Nous sommes sous la tente, au repos.

 

Jeudi 19 Mai : Départ à 4 heures. Beaucoup  de kilomètres de piste pour nous amener sur le lieu de l’opération. On ratisse toute la journée. Le soir, à la tombée de la nuit, nous nous organisons pour passer celle-ci sur place. Quelques touffes d’alfa feront un bon isolant à défaut de faire  un bon matelas.

 

Vendredi 20 Mai : Arrivée à la nuit, nous repartons au petit matin dans une semi-obscurité. Fouille d’oueds toute la matinée jusqu’à 13 heures. Retour sur Aïn Sefra à 18 heures.

 

Samedi 21 Mai : Départ à 5 heures pour Boussemghoun où nous y arrivons à 10 heures. Nous ne connaitrons jamais le bilan de ces journées d’opérations. On est content de retrouver nos affaires personnelles qu’on n’avait pu emmener avec nous et le courrier est là qui nous attend. Douche, nettoyage des armes et repos. Cinéma le soir : "L'Affaire des poisons".

 

Dimanche 22 Mai : Repos. Le temps est beau, le ciel sans nuage, le soleil resplendissant, il fait déjà très chaud et… plus que 53 jours pour la perm…

       Je ne me souviens plus très bien si c’est cette nuit-là ou une autre mais ce qui s’est passé, par son côté comique, mérite d’être raconté.

      Une de nos sentinelles a tiré vers les deux heures du matin. Qu’a-t-elle pu raconter à l’officier de quart ! Il semblerait qu’elle ait fait feu sur un ou plusieurs fellaghas venus se heurter aux barbelés de sécurité du camp. L'information est remontée à notre capitaine. Aussitôt racontée, aussitôt décidé ; le branle-bas de combat est sonné. Il est demandé à tous les hommes de sortir des tentes en arme séance tenante. Pour certains ce fut en slip, pour d’autres en short, torse nu ou en petit tricot, pas très contents d’avoir été tiré de leur sommeil et unanime à penser de l’inutilité de cette action. Si fellaghas il y avait, ils sont bien loin en ce moment et n’ont pas la prétention de défier une Compagnie entière de braves petits marsouins.

        Malgré ce, on nous demande de passer les barbelés de protection et l’ordre est donné aux sections de s’aligner pour un ratissage du terrain. La nuit n’est pas froide, la lune brille de tous ses éclats et l’on voit assez loin dans les dunes de sable clairsemées d'alfa qui se projettent devant nous. Le ratissage commence en souhaitant que la direction que nous prenons est bien la même que celle prise par ceux que nous recherchons… qui certainement, ne nous ont pas attendus et sont bien loin maintenant. Les quolibets vont bon train. Surtout lorsqu’à un certain moment, le capitaine Derollez se met à crier à l’intention des fellaghas qu’il suppose être devant nous, devant lui : "Rendez-vous, bandits, assassins". Naïf ! Les ricanements se font plus nombreux... Le ratissage n’est pas allé au-delà d’un bon kilomètre et l’ordre est donné de faire demi-tour. Ce soir-là, sa crédibilité a été quelque peu écornée... 

 

Lundi 23 Mai : Repos le matin. Départ pour Asla à 15 heures.

 

         Quarante kilomètres de piste à se farcir. Asla est situé à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Chéllâla. Arrivée à 19 heures. Repas chaud. Départ à 20 heures. Les bahuts nous lâchent par petits groupes à une dizaine de kilomètres du Poste. On doit laisser croire aux fellaghas que nous allons plus loin. Il parait qu’il faut ruser avec ces gens-là… Nous supposons que les camions ont dû faire un large détour pour éviter, au retour, de passer au même endroit. Pour arriver sur le lieu de l’embuscade il nous faudra marcher… C’est ce que nous ferons jusqu’à minuit. Et là, l’attente. Nous ne sommes qu’une dizaine. On attendra toute la nuit mais rien ne viendra troubler nos pensées…

 

Mardi 24 Mai : Décrochage à 5 h.

 

1960-029- Grimpette du piton.

     Grimpette d'un djebel     

 

Nous fouillons un oued en le remontant jusqu’à sa naissance sur le sommet d’un piton que nous atteindrons en fin de matinée. Dans le courant de l'après-midi, nous procédons inversement et récupérons les roulettes en fin de soirée. Nous rejoignons Asla à 19 heures.

 

Mercredi 25 Mai : Départ à 3 heures pour rejoindre le camp de Boussemghoun où nous y arrivons à 6 heures. Nous sommes en instance d’héliportage mais l’opération est finalement annulée.

       J’en profite pour écrire à mon père qui s'inquiète, après avoir entendu ou lu que des accrochages avaient eu lieu dans le secteur d’Aïn Sefra : "Ici à Aïn Sefra, le secteur est calme depuis notre arrivée le 7 mai. Nous en sommes repartis le 21 mai et n'avons pas eu connaissance des accrochages dont tu me parles. Ce doit-être plus au nord. Je te rassure, tout est calme" .

 

        En effet, tout est calme. Le soir, nous partons à 21 heures. Quelques kilomètres de piste en bahut puis nous sommes lâchés par petits groupes. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à rejoindre le lieu de l’embuscade que nous atteindrons à 2 heures du matin.

 

Jeudi 26 Mai : Départ à 6 heures du lieu de l’embuscade pour l’ascension du '1613’. Nous y restons en surveillance toute la journée. Nous décrochons à 18 heures. Le temps de redescendre le piton, de récupérer les roulettes et nous sommes au camp à 20 heures pour le repas du soir.

 

 Vendredi 27 Mai : Départ à 5 heures pour l’ascension du ‘1059 ’, un des pitons les plus bas autour du douar. Nous sommes postés en surveillance. C’est la journée des Elections ! Lesquelles ! Je ne me souviens plus. Retour à 14 heures.

 

       Lorsque nous arrivons d’opération ou d’embuscade, peu importe, le chef de section ne nous libère pas aussi vite qu’on pourrait le penser. La section s’aligne et chacun de nous doit retirer le chargeur de son arme puis, le canon pointé vers le haut, manœuvrer à deux reprises la culasse en appuyant chaque fois sur la gâchette afin de s’assurer qu’aucune cartouche n’est encore engagée dans la chambre de tir. Ensuite, on glisse le chargeur dans son logement. Tout cela pour éviter un pénible accident. Après, c’est le Rompez les rangs qui nous libère totalement. On entre dans la tente, on range le sac à dos ainsi que l’arme et là, on peut souffler… et peut-être bien aller boire une bibine bien fraiche au Foyer… en attendant la prochaine sortie…

 

        Contact: riton16@orange.fr

 

 

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IBRAHIM 21/05/2015 00:13

Bonjour monsieur André Henri
Je suis algérien, natif et originaire du Ksar de « Chellala Gueblia » cité dans votre récit dans le (10ème Chapitre: BOUSEMGHOUN 5) / « Samedi 23 Avril : Départ à 6 heures. Fouille de douars abandonnés par leurs populations, suite aux directives de l’Armée. »

J’habite actuellement ce Ksar qui est malheureusement en ruine et sans archives.

Alors, je vous demande monsieur André, si vous avez d’autres photos de ce Ksar « Chellala Gueblia » de nous les publier dans ce blog . Merci d’avance.

sahara 05/06/2013 15:08

Bonjour au frère amazigh et merci pour l'invitation qui me va droit au cœur , les Smaghna ont de tout temps étaient des gens accueillants et chaleureux , je connais très bien votre région je m'y
rendais par le passé pour raisons de service j'étais parmi ceux qui ont procédé à l'installation de l'automatique ( téléphone ), actuellement je suis en retraite et je m'y rends souvent dans ces
coins charmants ( saluez pour moi l'ex receveur des postes à savoir mr Abbad Abderrahmane )
Malheureusement l'état des ksour de la région laisse à désirer , j'ai visité tous les ksour de la wilaya d'El bayadh malheureusement ils sont dans un état lamentable à part le ksar de Boussemghoun
quoi que sa rénovation laisse un eu à désirer
Pour Noukhila j'ai été abasourdi en la visitant la dernière fois et constaté qu'on a érigé en lieu et place une aire de jeux sans compter la nouvelle route venant d'El abiodh sid cheikh qui va la
traverser , Noukhila va perdre à jamais son cachet d'antan les dégâts se font déjà sentir : une présence humaine quasi quotidienne , détritus à toutes les sauces
Le sociologue R.Christin disait : Le Tourisme c’est aujourd’hui la première activité économique mondiale. Le paradoxe du tourisme, c’est qu’il tue ce dont il vit. Partout sur la planète, on
massacre l’environnement pour rendre les lieux « accueillants ». Côtes bétonnées, parkings, consommation d’eau à outrance… Les touristes représentent une infime minorité de la population mondiale,
mais ils ont un impact majeur sur les lieux qu’ils visitent. Le tourisme exploite, pollue, détruit.
En tous les cas c'est ma vision des choses
Je ne sais s'il y a moyen de visiter le grandiose djebel Tameda c'est un rêve que je caresse depuis longtemps
Amitiés sincères à Ness Boussemghoun
Au passage amitiés à l'ami André

Amazigh 05/06/2013 10:17

Salut Sahara. C'est vrai, comme vous l'avez souligné, le Ksar CHELLALA GUEBLIA est en ruine comme d'autres situés dans la région tels BOUSSEMGHOUN, CHELLALA, ASLA... et sa pauvre population a bâti
tout près quelques maisonnettes et boutiques, deux classes, et une petite mosquée nichée sur une paroi rocheuse qui surplombe une petite oasis riche en légumes et fruits ( figues, amendes,
grenades, abricots noix.. ). Tout en bas de la colline, un petit bourg verra le jour à partir des années 70. Il est constitué d'une centaine de maisons en dur, d'une mosiquée, de deux écoles (
primaire et collège ), d'une salle de soins, d'un bureau de poste, d'une antenne administrative toujours rattachée à CHELLALA DAHRANIA, d'une dizaine de petits magasins... Il est aujourd'hui
alimenté en eau potable et en gaz naturel. Il se trouve à quelque 1,5 kms de la route nationale n°47 reliant les villes d'El Bayadh ( Ex. Gerryville ) à l'EST et Ain-Sefra à l'OUEST.
Comme vous souhaiteriez rendre visite prochainement à la région , je vous invite à venir séjourner chez moi à BOUSSEMGHOUN pour découvrir la nouvelle ville et l'ancienne caserne militaire de "
NOUKHILA " en ruine ( voir les photos jointes ) et revivre les bons et mauvais souvenirs de votre jeunesse de près d'un demi siècle déjà passé. Soyez le bienvenu et merci de l’intérêt porté à cette
visite.

sahara 02/06/2013 08:50

Bonjour
Je m'en doutais et ma supposition s'est avérée exacte concernant ce douar qu'est le ksar de chellala gueblia située à peu à 5 kms de Chellala Dhahrania en attendant de m'y rendre sur place quoi que
le ksar en question que j'ai visité en 2010 est en ruine
Bonne journée

Amazigh 01/06/2013 20:30

Salut une autre fois à tous les Français de la 8°RIMA ayant séjourné à NOUKHILA ( BOUSSEMGHOUN ) entre 1959 et 1961.
Afin de permettre la collecte d informations concernant la région de BOUSSEMGHOUN lors de la guerre de libération nationale pour fonder un musée regroupant l'histoire de notre région, je suis en
train de chercher ici et là, et en m'aidant des gens civils ou militaires ayant vécu cette période ( Algériens et Français ) et surtout les jeunes militaires de la 8°RIMA. D'après mes recherches,
je me suis arrivé à savoir qu'un Français du nom nom de Madi et qui travaillait comme chef moulier à Floquet Monopole à Marsilly Sur Seine dans les années 70 et qui a séjourné dans cette caserne,
il était le chef de nos proches émigrés dans cet usine. D'après ces derniers, il était à l'époque 1959-1961 à Noukhila comme jeune appelé, livreur de ravitaillement dans la région depuis TIOUT (
village à quelques 10 kms d'AIN-SEFRA ) jusqu'à BOUSSEMGHOUN ). Alors, je lui fait appel s'il est encore en vie ou à ses enfants ou à ceux qui le connaitront de lui transmettre ce message afin de
nous contacter pour une éventuelle amitié. Merci pour toute information.

anciens-8erima-algerie 02/06/2013 07:50



Bonjour,


Je souhaite qu'il lise votre message et se fasse connaitre auprès de vous. Cordialement.