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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:11

2ème   Chapitre :    L a   T R A V E R S E E .                                                                  

 

           Ce 14 juillet 1959, c'est le temps des congés, des vacances, pour nombre de Français et les Marseillais ne font pas exception à la règle. Les camions qui nous transportent ce matin-là, depuis le DIM jusqu'au quai d'embarquement de la Joliette, circulent sans problème sur les avenues de cette cité vidée d'une bonne partie de ses habitants. Très peu de magasins sont ouverts et notre convoi laisse indifférents les quelques badauds entrevus. 

 

           'Le 14 juillet est une fête nationale et jour chômé en France, conformément à une tradition républicaine qui remonte à juillet 1880.

                C'est l'occasion d'un défilé militaire sur les Champs-Elysées en présence du président de la République et de tous les corps constitués ainsi que d'un feu d'artifice et de bals populaires dans toutes les villes (en certains lieux le 13 au soir, en d'autres le 14).

                  Le 6 juillet 1880, sur proposition de Benjamin RASPAIL, la Chambre des Députés vote une loi ainsi libellée: "Article unique: La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle".

                  La première fête nationale donne lieu à une grande revue militaire sur l'hippodrome de Longchamp, devant pas moins de 300 000 spectateurs, parmi lesquels le président de la République Jules GREVY.

                   La revue se déroule, les années suivantes, sur les Champs-Elysées, afin de manifester avec éclat la volonté de revanche sur la défaite de 1870-71. Le comble de la ferveur patriotique est atteint le 14 juillet 1919, avec le défilé de la Victoire'. ('Hérodote.net' par Fabienne MANIERE).         

 

              Après avoir quittés les camions, munis de nos affaires mais sans armes, nous sommes rassemblés dans un grand hall attenant au quai d'embarquement. Certains discutent par petits groupes, d'autres attendent sagement assis sur leur paquetage. Et quelques uns sont dans leurs pensées... Nous attendrons ainsi une bonne heure avant de recevoir par haut-parleurs, à 9 heures, l'ordre d'accéder à la passerelle du "Ville de Marseille". C'est alors la petite bousculade; on s'interpelle, on se presse, chacun souhaitant rester avec le ou les copains avec qui on a fait ses classes. Ce petit moment d'affolement est vite maitrisé par les officiers d'accompagnement. A 10 heures, le bâteau rend ses amarres et commence à s'écarter du quai.             

 

 

1959-006-Sur le quai d'embarquement à MARSEILLE.

 

        "Le 'Ville de Marseille', premier paquebot équipé de stabilisateurs anti-roulis, fut mis en service en 1951 et desservira principalement, à partir de 1956, les lignes maritimes d'Afrique du Nord. Transféré en janvier 1969 à la CGTM, il sera le dernier paquebot classique d'origine Transat à naviguer sur les lignes de la Méditerranée. Il sera démoli en 1973, à Bilbao (Espagne). Longueur: 142 mètres, largeur: 19,45 mètres. Puissance: 14 500 CV. Vitesse en service: 23 noeuds (environ 42 km à l'heure)".

 

 

 

        1959-011 

        En attente d'embarquement...

 

     Sur le pont, c’est un peu la cohue, beaucoup voulant observer les manœuvres d’appareillage, d’autres voulant  mémoriser avec leur "Savoy Royer" (une marque, parmi tant d’autres, d’appareils photographiques achetés très souvent par l’intermédiaire du "Le Bled", un journal édité par l'armée), la Joliette, la "Bonne Mère" tout là-haut perchée, le château d'If et, plus loin, les calanques que l'on devine dans la brume, bref tout ce que nous n'allions plus revoir de quelques mois.  En s’éloignant du quai, après le retentissement des coups de sirène du navire, certains ont entonné '...ce n'est qu'un au revoir mes frères...' mais le chant s’est très vite transformé en un vague murmure, l'enthousiasme n'y étant pas. Pendant longtemps, nous avons regardé Marseille et ses environs s'estomper tout doucement et bientôt se confondre avec la bleue. Ce n'était qu'un au revoir la FRANCE... Il fallait le souhaiter.

 

    Blog-1959-009 -Le départ de MARSEILLE.              ...nous avons regardé Marseille et ses environs s'estomper dans la brume.

 

      Parmi les militaires, pour certains, il ne s’agissait que d’un simple retour en Algérie, connaissant par avance ce qui les attendait. Pour beaucoup d’autres, comme moi, c’était bien la première fois qu’ils prenaient un aussi grand et beau bateau pour un voyage organisé et payé par l’Etat français... Aussi, tout fut sujet à étonnement. Mais les interdits de circulation et la présence de nos bagages à surveiller, firent que sa visite ne put se faire comme nous l'aurions souhaité. Par contre, la descente dans les entreponts ne nous fut pas interdite…

 

      Au large, malgré le beau temps et une mer calme, en ce jour de fête nationale, on ressentit  bien  vite quelques malaises. On était loin d'avoir le pied marin et une étrange sensation se manifesta bientôt au niveau de l’estomac. Le "mal de mer"... Je l’ai eu lors de mes quatre traversées de la méditerranée et cependant toutes faites à la même saison et par temps calme. Cela ne peut se maitriser. On écoutait bien les conseils de certains qui estimaient qu’il fallait rester à jeun, d’autres qui pensaient à juste raison que manger un tant soit peu "calait" l’estomac. Et des plaisantins qui insinuaient que manger présentait un réel avantage, celui de nourrir tôt ou tard les poissons… Chacun bien renseigné, fit comme il le souhaita, l’essentiel étant pour quelques uns d’atteindre le bastingage ou les toilettes au bon moment.

 

      Sur le pont supérieur, comme on le fait habituellement en d'autres circonstances, on s'était regroupé par affinités. Nous sommes restés là une bonne partie de la journée à blaguer, fumer, jouer aux cartes ou tout simpement à contempler la mer. On avait bien remarqué, dès le départ, la venue d’hommes d’équipage et les discussions qu’ils engageaient avec les militaires. Les matelots proposaient à la location leur cabine que nous pouvions partager à plusieurs, moyennant finances. Ils arrondissaient leur fin de mois sur notre compte mais, il ne s'agit pas là d'un reproche car, à leur place, nous n’aurions pas fait moins. Mes parents m’avaient bien donné un petit pécule en partant de la maison et je savais pertinemment que cet argent représentait le fruit de beaucoup de restrictions de leur part. En ce temps-là, ma mère était 'mère au foyer', comme l'on disait couramment, et mon père, à la retraite,  percevait une petite pension de la SNCF en sa qualité de chef de train, laquelle n'était guère importante. J'étais bien content d'avoir cette petite somme d'argent. Dans notre famille, bien que modeste, nous ne manquions de rien, en tout cas de l'essentiel, grâce au travail de nos parents. Aussi, cet argent devait me servir pour des besoins indispensables et mon confort sur ce bateau, n'en n'était pas un.     

 

      En cette fin d’après-midi, contraint par la fraicheur de l’air, nous sommes descendus à l’intérieur du bateau, à la recherche d’un coin au calme, à l’abri du vent, si possible au grand air... C’est ainsi que nous avons fait connaissance avec les entreponts. A cette époque de la guerre d’Algérie,… non, je me trompe, à cette époque du "maintien de l'ordre", les entreponts étaient réquisitionnés pour le transport des militaires en partance pour l'Algérie ou pour en revenir. Entre deux voyages, ils étaient loin d'être nettoyés parfaitement, ce qui laisse imaginer dans quel état de propreté ils étaient parfois concédés à l’embarquement. Par ailleurs, le confort était spartiate, mais l'on ne risquait pas de réclamer quoi que ce soit. Il faut imaginer ces surfaces importantes de pont affectées au transport  d’hommes qui allaient risquer leur vie…Pour  qui, pour quoi ?

 

       Pas de hamac, mais seulement des transats, en grande quantité. Aucun de réservé, chacun s’offrant au premier venu. Là, installés sur ces chaises-longues, les affaires près de soi, on s’apprêtait à passer la nuit, une longue nuit… Certains se laissaient tenter par la lecture, d’autres plus nombreux, essayaient de dormir, ou plutôt, essayaient de contrôler les remontées stomacales, la position semi-allongée les facilitant. Petit à petit, une odeur de vomissure mélangée à celle de transpiration et de vapeurs de mazout, se répandait dans cet espace confiné, mal aéré et bas de plafond. Certains tardaient à gagner les toilettes et, pour les plus courageux, le bastingage  était, malgré tout, difficile à atteindre… C'est sûr, il ne fallait pas être sur leur trajectoire…Quelques uns, ne pouvant supporter ces odeurs nauséabondes, préféraient  remonter sur le pont, amenant avec eux leur transat, quitte à avoir froid  mais-là, ils pouvaient respirer l'air vivifiant du grand large. La nuit s’est écoulée ainsi, chacun songeant à son avenir  dans ce pays inconnu. Ce fut, je pense, le seul moment où la plupart d'entre-nous souhaitèrent arriver bien vite en Algérie.

 

       Le lendemain, pas trop bien remis de cette nuit, nous nous sommes retrouvés, dès l'aurore, nombreux sur le pont, scrutant l'horizon pour aperçevoir les côtes algériennes. C'est finalement, aux alentours de midi que le bateau accosta au quai du port d'Oran, cette ville  surnommée "La Radieuse". Sur la jetée, un grand calicot nous interpelle :"ICI LA FRANCE" marqué en très grandes lettres noires sur fond blanc. On aura deux ans, peut-être moins, pour s' assurer de cette certitude...!

 

          Les historiens maghrébins situent à l'an 902-903 après J.C., la fondation de la ville par des Andalous.

 

         "Oran, il y a fort longtemps, était un petit village fréquenté uniquement par des contrebandiers et des pirates. Le 4 janvier 1831, le général DANREMONT occupe, avec ses troupes, la ville qui porte les stigmates du tremblement de terre de 1790 qui l'a, en grande partie, détruite. Le 17 août de la même année, le général FAUDOAS y installe une garnison, dont le 4è Bataillon de la Légion étrangère, et fait de la ville la tête de ligne de la pénétration du sud oranais. Un premier recensement de 1831 indique que la ville compte 3 800 habitants dont 3 531 juifs formant une écrasante majorité. A cette époque, le quartier de la marine est seul 'habitable'. Le 31 janvier 1838, la ville est érigée en commune. Oran est située au fond d'une baie ouverte au nord et dominée directement à l'ouest par la montagne de l'Aïdour, d'une hauteur de 420 mètres. En 1840, elle compte 8 000 habitants et se cantonne toujours dans les bas-quartiers, près du port. Vers 1890, la ville s'étale, de nombreux faubourgs se créant. Petit à petit, l'agglomération s'étage de part et d'autre du profond ravin de l'oued Rhi, maintenant couvert. En 1961, les statistiques donnent en gros, 400 000 habitants dont 220 000 européens et 180 000 musulmans. La plupart des européens étaient des descendants d'émigrés espagnols qui, au milieu du siècle dernier, avaient fuit la misère de leur pays, la proximité de l'Espagne facilitant cette arrivée massive". ('ORAN').    

 

         La ville parait très moderne et les nombreux immeubles s'étagent sur la falaise surplombant la rade. La figure fatiguée, inquiets mais curieux tout de même, nous descendons la passerelle dans l’embarras de nos bagages. Pas de distribution de friandises par ces dames de la Croix-Rouge, comme on a pu nous le montrer plus tard sur certaines actualités cinématographiques françaises, "Gaumont-Actualités" entre autres. Le service d’ordre est important, sécurité oblige... même si nous sommes en France, et les camions nous attendent sagement alignés. Avec ces derniers, nous rejoignons la caserne de transit, plus ou moins identique à celle que nous avions quitté à Marseille, où l’on nous donne un complément d’équipement à savoir: le chèche et les lunettes pour se protéger du sable, les jours de sirocco, l’indispensable chapeau de brousse, les naïs, les rangers (chaussures de marche dénommées BMJA pour "Brodequins de Marche à Jambières Attenantes" qui équipaient l'armée française depuis la seconde guerre mondiale. Elles n'étaient pas d'un grand confort, lourdes à porter et il fallait du temps pour les lacer. On les utilisait l'hiver principalement), les pataugas (autres chaussures de marche, en toile et semelle en caoutchouc, donc plus légères, plus confortables et silencieuses à la marche), les gamelles en alu, le quart, le bidon de 1 litre et sa sacoche et bien d’autres choses dont je ne me souviens plus. Toute cette attente  dans une immense cour, en plein soleil, en ce mois de juillet…

 

       Vers les 16 heures, nouvel appel pour les affectations dans différentes unités. Bien évidemment, il y eut la séparation avec un certain nombre de copains du camp LE COCQ. On se sentait à nouveau un peu seul mais à l’armée, les amitiés se nouent et se dénouent rapidement. Je suis affecté à la 2è Compagnie du 8° RIMa, la section me sera désignée un peu plus tard. Qu'en est-il de ce régiment?

 

        "Le 8è RIMa a été créé en 1890 à Toulon, par regroupement des 3è et 4è RIMa. En 1901, il est transformé en 8è RIC. En 1923, il est transformé en 8è Régiment de Tirailleurs Coloniaux puis rebaptisé en 8è Régiment de Tirailleurs Sénégalais. En juillet 1940, il est dissous pour la première fois. En janvier 1941, le 8è RTS est recréé en Tunisie mais dissous pour la deuxième fois en 1946. Plus près de nous, le 8è RIC est recréé en 1956 pour faire face aux évènements d'Algérie et reprendra sa première appellation de 8è RIMa en 1959. On le retrouvera dans le nord-oranais (les monts de l'Ouarsenis), en centre oranais (région de Tiaret et Frenda), puis sur les hauts-plateaux des Ksour (région d'Aïn Sefra) et enfin le long du barrage marocain (région de Marnia et Sebdou). En octobre 1962, il sera dissous pour la troisième fois. 

         En 1970, le 8è RIMa est reconstitué et servira de régiment de réserve. Il recevra son drapeau des mains du général BIGEARD en mars 1975. Il sera dissous pour la quatrième fois en août 1998, dans le cadre de la réorganisation de l'armée française". ( "Servir et Défendre: Historique du 8ème RIMa).

 

         A 17 heures. nous embarquons sur des GMC (Général Motor Corp), ces camions militaires laissés (ou vendus...) à la France après la seconde guerre mondiale par le gouvernement américain.

         "Ces trois lettres 'GMC', désignent un véhicule de transport militaire à trois essieux moteurs universellement connu. Il fut de tous les théâtres d'opérations lors de la deuxième guerre mondiale. Sa production commença en 1941 dans les usines de Yellow Truck qui dépendait de Général Motors. Poids à vide: 4, 560 kg. Poids en charge: 9, 060 kg. Consommation: 38 litres/100 km. Vitesse: 75 km/heure". ('GMC CCKW').

 

         Nous traversons ensuite  cette grande ville qu'est Oran. Inconnue de nous mais surprenante par divers aspects pittoresques. Plus de micocouliers comme dans le midi de la France, mais des palmiers, des orangers, des citronniers, des mandariniers, des bougainvilliers, végétaux peu communs 'chez nous'. Des odeurs, celles de merguez, d’anisette, de couscous, de piment et, plus agréable, de jasmin. La population arabe, les femmes recouvertes de la tête aux pieds par des vêtements noirs très amples, un seul oeil visible, les hommes en gandoura blanche ou grise, coiffés de la chéchia, les européens bien sûr, des militaires en tenue de combat patrouillant dans les rues, d'autres en faction dans les carrefours. L’appel du muezzin pour la prière. La musique arabe qui se fait entendre depuis les terrasses des cafés maures occupées uniquement par une population mâle, les fellahs en djellaba palabrant entre eux ou jouant aux dominos, la chaleur écrasante, et ces petits  arabes qui nous font beaucoup de signes avec le bras ou la main, plus obscènes qu'amicaux et qu’ils renouvellaient tout au long de notre passage, ce qui paraissait les rendre fort joyeux… Les volets clos de la plupart des habitations, certainement pour se protéger de la chaleur.

 

       Notre première impression: on aurait mieux fait de rester chez nous car on ne retrouvait pas grand chose de la France. La population, l'armée présente de toute part, la chaleur, la façon de s'habiller, les odeurs, la végétation, tout cela nous surprend et nous démontre que cette France-là est différente de celle que l'on a connue depuis notre enfance. On se trouve dans un pays colonisé au même titre que bien d'autres marqués par la présence française. 

 

        "... en 15 ans (de 1880 à 1895), l'étendue des possessions françaises va passer de 1 million à 9 millions 500 000 km2 et sa population de 5 à 50 millions d'habitants. Et c'est, paradoxalement, dans l'indifférence de l'opinion publique que cette oeuvre d'expansion outre-mer fut accomplie... L'initiative et la valeur de quelques hommes finirent par doter la France du 2è Empire Colonial au monde, après l'Empire britanique'. ('La Charte' de mai-juin 2013).

 

          'L'oeuvre coloniale de la France présente des aspects multiples et souvent contradictoires. Par certains d'entre eux, la conquête et la domination coloniales peuvent être considérées comme une atteinte au respect et à la dignité de l'autre. Mais inversement, cette conquête et cette domination ont rectifié les vieilles civilisations agonisantes et jeté les fondements de développements techniques et de promotion humaine qui ne se seraient pas produite sans elle'. (R. GIRARDET dans l'Aurore en 1972).

 

         Ce qui m'amène à poser la question suivante: "Que serait aujourd'hui l'Algérie sans cette colonisation?".

       

        Nous sommes arrivés, en fin de soirée, à la base arrière du régiment située à Aïn-Témouchent, appelée alors  "la florissante" par certains, ou "la source de la  chacale" par d’autres.  

                                                                                                                            Vue générale sur Aïn Kial   1959-018- Vue sur AIN-TEMOUCHENT.    1959-019- Mairie d'AIN-TEMOUCHENT.

    Mairie d'Aïn Kial, près d'Aïn-Témouchent.

 

        'Aïn Témouchent se situe à 72 kilomètres au sud-ouest d'Oran, sur un plateau dominant le confluent de l'oued Sénane et de l'oued Témouchent. Altitude: 250 mètres de moyenne. Elle fut créée en 119 sous le règne de l'Empereur romain HADRIEN. C'est une ville dite 'coloniale' par son tracé et son architecture très francisée.  L'arrivée des premiers colons français à Aïn Témouchent s'est faite en 1836. En 1955, la ville comptait 25 250 habitants dont deux tiers d'européens. Avant le départ des européens en 1962/63, Aïn Témouchent fournissait 15% de la production viticole du pays. Le Sidi Brahim rosé provient toujours des côteaux de cette ville'. ('Aïn Témouchent').

 

        Le lendemain fut l’affectation dans une section, la 4è pour moi. Pour fêter mon arrivée, je me suis vu offrir un magnifique fusil-mitrailleur 24-29, une arme très légère (9,100 kg, sans son chargeur de 25 cartouches), que m'envièrent aussitôt quelques copains...

 

    1959-035- Fusil - mitrailleur 24-29.

 

       Avec cette arme, le matériel qui va avec: burette d’huile,  tringle de nettoyage et, s’agissant d’une arme collective, on a ajouté en prime le pistolet automatique MAC 50. Ayant bénéficié d’une formation d'élève-caporal, il paraissait tout à fait normal que je bénéficie d’un traitement de faveur… L’armée pense à tout.

       "Le MAC 24/29 est un fusil-mitrailleur français conçu en 1924 par la Manufacture d'Armes de Châtellerault. Il fut modifié en 1929 afin de tirer les nouvelles cartouches de 7,5 m/m et équipa l'armée française une bonne partie du XXe siècle. Il tire soit coup par coup, soit par rafales et comporte pour cela deux détentes. Il dispose d'un chargeur de 25 cartouches. Vitesse pratique de tir: 150 à 200 coups / mn. Il sera remplacé progressivement au début des années 1960 par l'AA-52".  ( FM 24/29).

 

        On a fait la connaissance des anciens de la section. On a eu droit à leurs conseils, à écouter leurs exploits, et à se faire tout petit devant tant d’expérience militaire. Il est vrai qu'avec nos 120 jours d'armée effectués, au regard des 900 restant à faire, il valait mieux fermer sa gueule…

 

         Contact: riton16@orange.fr

 

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Published by anciens-8erima-algerie
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commentaires

Bourrat Henri 02/11/2013 11:12

Je voies la photo du fusil mitrailleur le 24-29 que j'ai comme compagnon au commando de chasse kimono 21 pendant plus d'un an , pas mal efficace , mais la plus part des cas nous tirions au jucher
avec le fusil en bandoulière surtout quand nous montions a l'assaut vers le sommet d'un piton !!!