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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:19

21ème  Chapitre  :   ORIGINE   et    B I L A N   de   cette   GUERRE.

 

       Nous avons eu 3 tués et 13 blessés dans notre section pour 198 journées opérationnelles et 127 nuits passées en embuscade au cours de la période du 1er janvier 1960 au 25 avril 1961, soit sur 16 mois. Mais, sur les six derniers mois de l’année 1959, il m’est impossible de faire le décompte de ces innombrables journées d’opération et de nuits à la belle étoile. Etant mis hors jeu par le fait de mes blessures, je ne prends pas en compte les journées semblables pour les mois de mai à juillet de 1961. Ainsi, en extrapolant, sur 24 mois de présence je peux sans trop me tromper, les évaluer à 290 journées d'opération et 170 nuits passées sur le terrain.

 

       Pour ce qui est du bilan : 6 rebelles tués et 7 faits prisonniers par notre section.

 

       « Entre 1952 et 1962, ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 404 927 militaires d'active, soit 1 747 927militaires qui participeront au 'maintien de l'ordre' en Afrique du Nord. Sur ce nombre d'appelés, 12 000 réfractaires ont été déclarés, dont 10 831 insoumis (appelés qui ne se sont pas présentés lors de leur appel), 886 déserteurs et 420 objecteurs de conscience". ("Office National des Anciens Combattants").

 

         De retour en métropole, les anciens d’Algérie se sont enfermés dans un grand silence, aidés en cela par une France qui s'était désintéressée du sort de ce pays et indifférente à leurs problèmes. Ils ont eu le sentiment d’avoir été  humiliés par leur mise en cause dans la pratique de la torture en Algérie. Les médias ont tout fait pour les rabaisser, leur reprochant  d'avoir participer à une guerre coloniale au cours de laquelle le plus grand nombre d'entre-eux auraient eu des agissements condamnables.

           "... les appelés sont partis en Algérie pour accomplir ce qu'on disait être leur devoir. S'ils y sont allés, parfois sans enthousiasme, la plupart du temps sans bien savoir ce qui les attendait, ni la mission qui leur serait confiée, ils avaient, pour tout bagage, une immense bonne volonté.

           Depuis des décennies, ils se taisent, un peu tristes, parfois scandalisés d'entendre leurs propres enfants leur lirent ceux qu'écrivent sur eux les historiens chargés de la rédaction des livres scolaires: 'les soldats français pratiquèrent la répression aveugle, les tortures, les exécutions sommaires, l'élimination par tous les moyens des rebelles' (Nathan, classe de terminale, édition de 1987, p. 272).

          Ce qui est excessif ne compte pas, affirme un dicton connu. Voire. Cinquante années de calomnie laissent des traces et oser dire, à présent, que les jeunes appelés d'Algérie ont fait honneur à leur uniforme, à leur drapeau, à leur pays, est ressenti comme une provocation par ceux-là même qui, à l'époque, ont tout fait pour échapper au sort commun en se trouvant d'opportunes maladies, ou des postes privilégiés dans les casernes protégées de la capitale, quant ils ne s'étaient pas délibérément rangés aux côtés de nos adversaires d'alors, en les cachant, en les convoyant, en 'portant leurs valises'.

            'Elimination par tous les moyens'. Qu'est-ce à dire? Comme si ces 'rebelles' n'avaient pas cherché, eux aussi, à éliminer par tous les moyens leurs adversaires". ('Guerre des Appelés en Algérie' par Erwan BERGOT). 

       D’autres, peu nombreux, ont souhaité apporter leurs témoignages ou partager leurs souvenirs en écrivant des livres. Beaucoup et même la presque totalité, sont affiliés à des Associations d’Anciens Combattants mais, même entre adhérents, il n’en demeure pas moins qu’ils ne parlent guère de leur vécu en Algérie: armes différentes, régions opérationnelles diverses, souvenirs sans aucun lien avec les leurs, et puis, des "cheminements" différents poursuivis depuis leur retour en France, vie familiale, etc. L’incompréhension presque totale sauf, lors de la Cérémonie du 19 mars qui les rassemble presque sentimentalement dans le souvenir de leurs copains morts en terre algérienne. Conséquence: leurs souvenirs sont restés enfouis au plus profond de leur mémoire. La communication existe mais, pour de multiples causes, ils n'ont pas su l'utiliser.  

 

          "Au retour d'Algérie, ce n'est qu'indifférence, personne ne lui pose la moindre question. La population en est restée au 'maintien de l'ordre' ou à 'la pacification' et s'il veut parler de 'sa guerre', c'est le désaveu au sein même de sa famille, de ses amis : 'Il n'y a jamais eu de guerre, tu nous racontes des histoires pour te faire valoir', lui dit-on. Qu'a-t-il à raconter pour les convaincre? La violence dont il a été témoin et l'acteur parfois! Comme le jour où il a craqué devant la dépouille atrocement mutilée d'un camarade. Ce qu'il refoulait depuis sont départ de l'Afrique du Nord le frappe maintenant au visage: il a fait une sale guerre. 

           Dès lors, devant la froideur et le désintérêt généralisés, l'ancien d'Algérie n'a pas d'autre choix que de se taire, et le repli sur lui-même". ('Les Oubliés de la Guerre d'Algérie' par Raphaël Delpard).

 

        "...Alors, ils se sont tus. Ils se sont pliés aux nouvelles règles. Ils se sont consacrés à leur métier, à leur famille qu'ils avaient fondée. Et les années ont passé. Ils se sont habitués à être les mal aimés,survivants d'une aventure qui pèse encore très lourd dans la conscience nationale.

         Périodiquement, ils sont trainés dans la boue, parfois par ceux-là mêmes qui n'hésitent pas ensuite à réclamer leurs suffrages.Ils sourient quand ils entendent les politiques affirmer solennellement :

              'Je dis qu'il est indigne d'une grande et vieille nation comme la nôtre de continuer à chipoter ainsi sur les avantages qu'attendent ceux qui ont servi la patrie. 

              Je dis qu'il est indigne d'introduire des discriminations entre les trois générations de feu (discriminations que le combat n'a jamais faites), par le biais de mesures de forclusion et par d'étroits critères d'attribution de la carte et des avantages afférents aux anciens combattants d'Algérie et d'Afrique du Nord. (...) Mais il est vrai que dans ce domaine comme dans bien d'autres on ne rencontre que mépris, mur du silence et indifférence'. (de Michel ROCARD, discours prononcé le 11 novembre 1980 à Conflans-Sainte-Honorine).

            Ils en sourient. Ils songent au plus profond d'eux-mêmes que toutes les manifestations de la reconnaissance officielle, bien tardives, tous les avantages sociaux qui pourront leur être accordés ne compenseront jamais les conditions misérables qui leur furent faites, ni les souffrances endurées, ni les sacrifices acceptés. 

              Ni, surtout, cette indifférence qu'ils rencontrèrent de la part de leur propre pays. 

          Ils savent que, dans cette guerre, à quelques camps qu'ils appartiennent, seuls les combattants furent grands. C'est leur fierté, même s'ils n'en parlent jamais". ("Guerre des Appelés en Algérie" par Erwan BERGOT). 

 

 

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       Le conflit algérien débouchera sur les "les accords d'Evian" signés le 18 Mars 1962 entre les représentants de la France et ceux du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne.  

 

        "Sur le terrain, ces 'accords d'Evian', loin d'apporter aux populations Pieds-noirs et musulmanes la paix attendue, inaugurera une période de violence redoublée et de massacres dont les Pieds-noirs seront les principales victimes". ('Les Accords d'Evian').

 

           "En 1962 donc, les Accords d'Evian amorcent des décennies de mensonges tout en constituant une véritable imposture. Autrement dit, l'expression d'un abandon et d'une capitulation honteuse. Et l'aveu clairement énoncé d'une incapacité  à régler le conflit en cherchant des solutions équitables pour les partenaires. Pourtant les dits accords, qui ne constituent rien d'autre que de simples déclarations d'intentions, sont apparus à l'opinion française comme un acte de bravoure et de bon sens politique. 

                Cela tient avant tout à la composition des membres réunis autour de la table des négociations. Car on n'y trouve aucun représentant de la communauté pied-noir ou musulmane. De même, les harkis n'ont pas été conviés. Et il n'y a pas un seul membre  de l'OAS. Rappelons au passage qu'à l'Assemblée Nationale, où le vice-président est le bachaga Saïd BOUALAM, siègent quarante-huit députés français et musulmans et vingt-six européens. Et que vingt-deux notables, issus de l'Algérie, siègent au Sénat. Ces élus ont eu beau se révolter, leur mouvement de protestation est passé inaperçu. 

                  ...Charles de Gaulle affirme que les accords 'procurent les garanties nécessaires'. Ces garanties ne seront réelles que dans le cas où le gouvernement algérien aura effectivement le désir de les assurer. Or, rien ne prouve qu'il le fasse.  

                    ...L'article qui évoque la 'garantie des garanties', à savoir la présence de l'armée, se révèlera parmi les plus cyniques quand, du moins après le cessez-le-feu, on verra de quelle manière l'armée va se comporter en permettant qu'on enlève des Français en plein jour. Si on retire les troupes d'élite d'Algérie, quelle sécurité pourra donc offrir en Algérie la présence d'effectifs réduits à quatre-vingt mille hommes?

                     La possibilité d'aliéner les biens et d'en rapatrier le produit est un leurre grossier. Cette possibilité existe, certes, mais uniquement sur le papier. Les négociateurs paraissent, en effet, avoir oublié que la vente suppose une double condition: l'existence d'un vendeur et celle d'un acheteur. Or, s'il est sûr que les vendeurs seront nombreux, il est également certain que la demande sera faible, voire nulle.

                      C'est ce qui est arrivé. Les Français d'Algérie, poussés dans les bateaux par le pouvoir algérien, soutenu dans son action par le gouvernement français, ont été pour la majorité d'entre eux, contraints d'abandonner leurs biens et de partir avec une valise comme seul capital". ('Les Oubliés de la Guerre d'Algérie' par Raphaël  Delpard).

 

            "...les pourparlers d'Evian, entre un Etat constitué et un groupe sans légitimité propre (sauf celle que la France a bien voulu lui accorder pour la circonstance), étaient un leurre qui permettait à la République de liquider l'Algérie en toute tranquillité, au détriment des Français et des musulmans pro-français.

              ...Ce qui frappe dans les accords d'Evian, c'est l'absence explicite de toute sanction contraignante efficace. Certes un Appel est prévu devant la Cour Internationale de Justice de la Haye, mais cette Cour ne peut rendre que des sentences arbitrales dépourvues de toute sanction contraignante. Or un droit qui ne comporte aucune sanction efficace, s'il est violé, est un droit purement formel qui ne garantit absolument rien.

                  ...Par les accords d'Evian, les Français d'Algérie sont en fait livrés sans défense réelle à un pouvoir dont on ne sait rien et dont on peut tout craindre. Pour les rassurer on leurs donne quelques pages imprimées. On peut parcourir toute l'Histoire: Jamais des garanties verbales n'ont garanti quoi que ce soit". (Synthèse réalisée en 1962 par Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques).

                  

            Dans la foulée,  le "Cessez-le-feu" sera proclamé le lendemain 19 mars.

 

          "De Gaulle va suivre le plan concocté par lui-même et ses fidèles collaborateurs sans jamais s'en écarter. Il ouvre les barrages du Maroc et de la Tunisie afin que les unités militaires algériennes puissent pénétrer au moment opportum, le 5 juillet par exemple, sans qu'elles ne rencontrent le moindre obstacle. Dès fin 1961, il rapatrie des pans entiers de l'armée française, cela des mois avant les accords d'Evian. Comme prévu, les harkis sont désarmés et licenciés de l'armée.

             Sans état d'âme, sans le moindre mouvement de compassion pour les Français enlevés ou assassinés, sûr de son bon droit, de Gaulle est soutenu dans son action par les accords qu'il a inspirés et qui lui servent de faire-valoir : 'A compter du 19 mars 1962, la France n'a plus de responsabilité en Algérie', aime-t-il à répéter. Pour parachever le tout, il fait voter en 1963, spécialement pour l'Algérie, une loi d'amnistie sur les crimes de guerre le couvrant, lui et les siens, y compris les ennemis d'hier, contre toutes poursuites éventuelles.

               Ainsi, la France a pu inscrire, dans son histoire tumultueuse, un fait rare, probablement unique: pour la première fois, le pouvoir n'hésite pas à sacrifier des milliers de ses ressortissants pour satisfaire l'ambition de son dirigeant". ('Les Oubliés de la guerre d'Algérie' par Raphaël  Delpard).

 

             "La ville d'Issy-les-Moulineaux, attache depuis toujours, une importance au devoir de mémoire.

               ...C'est pourquoi il est naturel qu'Issy-les-Moulineaux s'associe à la Journée Nationale d'Hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives pour que les générations futures mesurent l'importance de leur sacrifice et n'oublient rien du tribut tragique qu'ils ont payé alors.

              ...Souvenons-nous que, supplétifs, militaires d'active, agents de l'Etat ou anciens combattants, ce sont près de 280 000 musulmans restés fidèles à la France pendant la guerre d'Algérie qui ont été directement menacés de mort par le FLN à la fin de la guerre, soit plus d'un million de personnes si l'on y ajoute leurs familles.

               Du fait du refus du gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour les protéger, 150 000 d'entre elles seront assassinés dans des conditions abominables, après le 19 mars 1962, date officielle du Cessez-le-feu.

              Après cette date, 25 000 Pieds-noirs ont également été massacrés ou enlevés, sans avoir davantage été secourus ni recherchés.

                Ces chiffres terribles, c'est moi-même qui les ai communiqués, alors que j'étais Secrétaire d'Etat aux Rapatriés, de 1986 à 1988".  ( Discours prononcé par André  Santini, à la mairie d'Issy-les-Moulineaux, le 25 septembre 2010).            

 

              La journée nationale officielle en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie est célébrée, pour certains, le 19 mars de chaque année, correspondant au 19 mars 1962, date du "Cessez le feu en Algérie" et pour d'autres, le 5 décembre de chaque année, date qui correspond à l'inauguration, le 5 décembre 2002, du Mémorial d'AFN, situé quai Branly, à Paris, par le président CHIRAC. Pour cette dernière date, tout à fait fantaisiste d'ailleurs et que notre président n'aurait jamais dû accepter, il ne s'agit-là, pour nombre d'anciens d'Algérie, que de célébrer la "Saint Gérald"...

 

         Comme beaucoup, je pense que l'Etat français a bien tardé pour décider d'une journée commémorative (quarante années après le Cessez-le-feu...), alors que la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie)  l'a instituée depuis 1963. Le choix d'une date commémorative de ce conflit a toujours suscité des débats houleux  entre la "la gauche et la droite" au Parlement, et divisé les Associations d'Anciens Combattants. Et pourtant, quatre mille lieux de Mémoire (rues et places), dans notre pays, portent la date du '19 mars 1962'. Il faut bien reconnaitre que ce 'Cessez-le-Feu' instauré à partir de cette date, a été ressenti avec beaucoup de soulagement par des milliers de familles.

      Le 8 novembre 2012, le Sénat a adopté une proposition de loi socialiste qui fait du 19 mars, anniversaire du Cessez-le-feu en 1962, la "Journée nationale du souvenir en mémoire des victimes de la guerre d'Algérie".

 

             "Il y a cinquante ans, c'était le Cessez-le-feu en Algérie, au terme de longues souffrances... la guerre d'Algérie ne s'achève pas le 19 mars, ce n'est que le Cessez-le-feu, à ne pas confondre en aucun cas avec la fin de la guerre... Cinquante ans après, il est urgent de rendre hommage, honneur et dignité à la troisième génération du feu, partie en Algérie, parfois sans comprendre tous les objectifs, parfois sans les partager, et qui a répondu avec abnégation et courage à l'appel de la nation.

             Cette troisième génération du feu, ne l'oublions pas, est celle des enfants de la guerre 1939-1945, de ceux qui avaient déjà souffert de l'Occupation, des privations matérielles, mais aussi et surtout des privations morales et affectives. Beaucoup ne connurent leur père qu'à l'âge de cinq ans, lorsque ce dernier rentra de captivité, ou ne le connurent jamais. Dix ans après le retour, ou la disparition, de leur père et de leur mère, ils partaient en Algérie.

               Mettez-vous également à la place des familles, en particulier des mères qui, après avoir vu partir leur époux en 1939-1945, voyaient partir leurs fils en Algérie. Douloureuse épreuve, d'autant que, longtemps, la France n'a pas osé reconnaître que, en Algérie, c'était bien la guerre....

             Cette guerre d'Algérie, restée trop longtemps une guerre sans nom, ne doit pas rester une guerre sans date historique et symbolique de reconnaissance et de recueillement pour toutes ses victimes... En effet, la guerre d'Algérie, tout comme les deux conflits mondiaux, appartient à notre histoire.  

                Le 19 mars est un moment de recueillement pour toutes les victimes qui ont oeuvré dans le respect des lois de la République. ("Alain Neri" - Rapporteur PS de la proposition de loi au Sénat).

 

           Mais même s'il y avait un consensus entre les différentes Associations d'Anciens Combattants sur cette question de date, jamais il n'aura le pouvoir de rendre l'Algérie à ceux qui l'ont perdue. Maintenant, la date du 19 mars n'appartient plus à la FNACA mais à l'Histoire de notre pays... à moins qu'un changement de politique à l'horizon 2017 ne la remette en question...

        Ce 19 mars 1962, mettant en place le 'Cessez-le-feu', bien que largement apprécié par l'ensemble des appelés du contingent en Algérie, n'a pas apporté de modification dans le comportement du 8è RIMa; ses Compagnies, réparties tout au long du barrage marocain à ce moment-là, continueront, comme à leur habitude, à crapahuter dans les monts de Tlemcen et autres. Puis, elles se regrouperont et remonteront sur Oran en juillet 1962 où elles y feront de la sécurité en fonction de leurs moyens et des ordres qui leurs seront donnés. Le régiment sera ensuite dissous courant août/septembre 1962 et ses personnels répartis dans d'autres régiments en Algérie.

 

         L’exécutif provisoire est mis en place en Avril 1962, à Rocher Noir. Le 1er Juillet 1962 a lieu le Référendum sur l’Autodétermination du peuple algérien : 99,7 %  des votants en faveur de l’Indépendance. Celle-ci est proclamée le 5 Juillet 1962. Le premier ambassadeur de France en Algérie sera Jean-Marcel Jeanneney.

 

          L'Algérie est, de part sa superficie (2 382 000 km2 soit près de 5 fois la surface de la France), le plus grand pays du continent africain, du monde arabe, et du pourtour méditerranéen. La colonisation française aura durée 132 ans. Dans quelles circonstances a-t-elle débutée?

         Ce que l'on peut lire couramment sur certains documents d'histoire:

 

         Elle débuta le 14 Juin 1830 avec le débarquement du Corps Expéditionnaire Français sur la côte de Sidi Ferruch, à la suite d’un regrettable "coup d'éventail" donné à Pierre Deval, alors Consul de France, par le dey Hussein. Un incident diplomatique qui aurait pu être provoqué soit par une dette restée impayée par la France, soit par l'affaire des fortifications de la Calle. 

 

         La dette : 

 

       "En 1800, lors de la campagne d'Egypte du général BONAPARTE, un contrat pour le ravitaillement en blé de l'armée française est conclu et le dey d'Alger HUSSEIN, offre des facilités pour cet achat, consentant même un prêt sans intérêt. La guerre terminée, les régimes se succèdent mais oublient la dette. Le dey est en froid avec le Consul de France, car il comprend que les livraisons de blé ne lui seront jamais payées. D'où le 'coup d'éventail' '.

 

 

        La Calle :  

 

         "En 1827, le dey d'Alger découvre que la France avait fortifié sur son sol, un entrepôt dont elle avait la concession et qu'elle s'était engagée à ne pas fortifier. Le 30 avril 1827, le dey demande des explications au Consul. Celui-ci ignorant ouvertement sa demande, le dey s'emporte et lui donne un 'coup d' éventail' '.

 

 

           Les deux versions, quoique différentes, sont certainement vraisemblables mais pas suffisantes, aux yeux des historiens, pour expliquer les véritables raisons de la colère du dey d'Alger...

 

        On pourrait avancer une autre version, qui crédibiliserait davantage ce "débarquement à Sidi-Ferruch" :

 

            "En réalité, cette expédition est surtout lancée pour faire diversion aux problèmes politiques rencontrés par Charles X et le Prince de Polignac, alors Président du Conseil depuis août 1829, lequel était devenu rapidement impopulaire par le choix de mesures politiques autoritaires. De plus, Charles X est à court de trésorerie et la colère du peuple parisien menace. S'emparer de l'immense pactole que constituait la fortune du dey d'Alger (évaluée à 4 milliards d'euros), pouvait représenter l'objectif majeur d'une expédition. Ils espèrent également tous deux que cette expédition leur donnera suffisamment de prestige pour remporter la bataille électorale en vue des élections à la Chambre des Députés, laquelle est dissoute depuis le 16 mai 1830.

            Mais, la nouvelle de la prise d'Alger le 5 juillet 1830, arrivera trop tard en France pour modifier le cours des élections. Et cette conquête laissera l'opinion française indifférente car trop éloignée d'un projet politique d'envergure. On pourrait ajouter aussi que cette intervention devait permettre de calmer la piraterie  maritime en Méditerranée, qui était le fait des pays du  magreb, et qui sévissait depuis de forts longs siècles.

                    Entre le 11 et le 18 mai 1830, pas moins de 37 000 hommes s'embarquèrent  pour conquérir la bande côtière de la Régence d'Alger, dénommée plus tard 'Algérie'. Le débarquement eut lieu le 14 juin de la même année à Sidi Ferruch et le 5 juillet, les troupes françaises faisaient leur entrée dans la forteresse d'Alger". ("Jules de Polignac - 1780-1847").

                         

           Charles X ne prit peut-être pas là sa meilleure décision... Il fut renversé, très peu de temps après, par la "Révolution de Juillet" de l’année 1830.  Quant à Polignac, il fut condamné, en novembre 1836, à la prison perpétuelle mais sa peine sera communiée en vingt années de bannissement hors de France.

 

          Le problème des "pirates barbaresques' apparait souvent dans les livres d'histoire. Il faut reconnaitre qu'à cette époque, ce problème était bien réel, on ne pouvait "l'escamoter", et la prise d'Alger par la flotte française, aidée par celle des Anglais, permit d'y mettre fin une fois pour toute.

 

            "Esclaves blancs en terre d'islam:

 

        "... A la fin du Moyen Âge, comme le vivier s'épuise du fait de la christianisation de l'Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens, y compris même dans l'océan Atlantique jusqu'aux limites du cercle polaire. En 1627, des barbaresques algérois lancent un raid sur l'Islande et en ramènent 400 captifs.

 

      ...On évalue à plus d'un million le nombre d'habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. Ces esclaves, surtout les hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères ou encore les chantiers d'Afrique du nord. Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d'énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès ou plus tard Saint Vincent de Paul. En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d'esclaves.  

 

        Jusqu'au début du XIXe siècle, les princes de la côte nord-africaine tirent eux-même de grands profits de la piraterie en imposant de lourds tributs aux armateurs occidentaux en échange de la garantie que leurs navires ne seraient pas attaqués par les pirates. En 1805, le président américain Thomas JEFFERSON lance une expédition navale contre le dey de Tripoli, en Lybie, pour l'obliger à renoncer à ce racket. Le dey d'Alger le poursuivra quant à lui jusqu'à la conquête française en 1830". ( de Alban Dignant - Hérodote).

 

 

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          Sur le plan humain, le bilan de la guerre d’Algérie pourrait s' établir ainsi : 

 

         Pour la France :      A) Militaires:

                                                                          24 500 militaires tués

                                                                          65 000 militaires blessés

                                                                                870 militaires disparus ou prisonniers

 

                                            B) Civils :

                                                                          19 166 civils tués

                                                                           21 151 civils blessés

                                                                           14 171 civils disparus

 

         Nota: Ces chiffres sont arrêtés au 19 mars 1961.

            

 

       Pour l'Algérie :                                        377 500 Musulmans tués (dont 219 500 abattus par l'ALN)

 

         Source :   'Histoire Militaire de la Guerre d'Algérie'  par Henri Le Mire.

 

 

 

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       Reconnaissance de l’état de guerre en Algérie.

 

        Proposition de loi tendant à la 'Reconnaissance de l'état de Guerre en Algérie' adoptée à l'unanimité par le Sénat le 5 octobre 1999 (soit 37 ans après l'Indépendance de l'Algérie).

 

           " Le courage, disait Jaurès, c'est de chercher la vérité et de la dire"

        

          " Le moins que l'on puisse dire, c'est que le courage a manqué pendant quarante-quatre ans puisqu'il aura fallu quarante quatre ans pour appeler 'un chat', un chat et pour reconnaitre que ce qu'il était convenu d'appeler publiquement "maintien de l'ordre", "pacification", "évènements", entre 1954 et 1962, s'agissant de l'Algérie, n'était rien d'autre qu'une guerre'. ('Michel Dreyfus-Schmit' - Séance au Sénat du 5-10-1999).

 

         Contact: riton16@orange.fr

 

 

 

 

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Published by anciens-8erima-algerie
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commentaires

yvon priou 22/05/2012 19:35

En ce qui concerne ce chapitre je te conseille d'aller sur mon site, pour des renseignments complémentaires sur la fin de ce conflit http://marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962.e.monsite.com
Mes félicitations pour tes ecrits qui relatent bien les conditions dans lesquelles nos autorités nous avez engagés dans cette guerre que ce soit dans ton secteur,ou, comme dans le mien dans les
Aurés dans les Chasseurs a Pied, pour....négocier a la fin

anciens-8erima-algerie 12/05/2013 17:09



Bonjour,


J'ai pris connaissance, un peu tardivement je le regrette, de ton site que tu évoques.


J'ai pu y apprendre qu'une 'force locale d'interposition' ('Force' devant préfigurer la nouvelle armée algérienne) avait vue le jour dès le cessez-le-feu en Algérie soit le 19 mars 1962 et
jusqu'à la déclaration d'Indépendance début juillet de la même année. Cette 'Force locale' était composée en grande partie de soldats de souche algérienne et d'un nombre infime de soldats
français du contingent (2 à 3 soldats par section). Ce fut bien là une période transitoire troublante et surtout difficile pour ces jeunes appelés qui y étaient affectés. Alors que l'armée
française combattait le FLN depuis presque une décennie, ces jeunes devaient s'obliger à exécuter les ordres des futurs cadres de l'armée algérienne. On comprend facilement que le gouvernement
français ne donna que très peu de publicité à cette'opération'. Une conspiration du silence...? Cordialement.



Jeune algérien 06/04/2012 17:48

Salut. Malgré tous ces mots pour la cause nationale et sans compter les dégâts materiels, pourquoi les responsables français ne veulent-ils pas reconnaitre à ce jour ses crimes de guerre commis
contre le peuple algérien sur sa terre ? Il est temps aujourd'hui d'ouvrir une page blanche entre nos deux peuples pour une éventuelle coopération et oublions le passé noir des deux cotés. Merci

anciens-8erima-algerie 01/09/2015 13:53

Bonjour Yvon,
Non, je n'ai reçu aucun commentaire sur cette 'Force locale algérienne' dont tu m'avais déjà entretenue. Je le déplore comme toi, pensant que beaucoup de ceux qui y ont participé préfèrent le silence. Cordialement.

Yvon Priou 01/09/2015 13:04

Déplore que aucuns camarades militaires FSE, mutés dans l'unité 506 de la force locale Algérienne,constitué par le 8ème RIMA, n'a donner signe de vie !