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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:38

6ème   Chapitre :     B O U S S E M G H O U N   1

 

       Le 8 novembre 1959, le commandement ayant décidé d'affecter le PC du 1er Bataillon, dont nous dépendions, ainsi que la 1ère et la 2ème Compagnie, au camp de Boussemghoun, situé à l'Est d'Aïn Sefra, pour une durée indéterminée, nous faisons mouvement vers cette nouvelle région opérationnelle. La base-arrière du Bataillon sera positionnée à Chellâla Dahrania.           

 

       Le convoi qui se forme dès 7 heures du matin, est important aussi bien en hommes qu'en matériels. Nous sommes escortés par de nombreux halfs-tracks et survolés par un Piper.

 

       Le Half-track est un véhicule blindé (blindage de 12 à 15 m/m devant et de 6m/m sur les autres côtés) avec des roues à l’avant et des chenilles à l’arrière, pouvant transporter une dizaine d'hommes. Il est utilisé pour les ouvertures de pistes et la protection des convois. Il est équipé d’une mitrailleuse de 12,7 m/m montée sur une tourelle centrale pivotante et d’une autre mitrailleuse d’un plus faible calibre (50 m/m), à l’arrière.  

 

       Le Piper est un avion à structure légère dont la construction remonte à 1930. Construit en des milliers d’exemplaires, il reste encore aujourd’hui un avion à train classique le plus connu. Nombre de place : 2 en tandem. Vitesse de croisière : 117 km/h. C’est un avion à décollage et atterrissage court (moins de 200 mètres).

 

            Se dirigeant vers Chellâla, les GMC roulaient lentement, non pour nous laisser le temps d'admirer le paysage, mais parce que l'état lamentable de cette piste ne leur permettaient pas d'aller plus vite.  Une piste que les chauffeurs devinaient plus qu'ils ne la voyaient. Ballotements d'un côté, de l'autre, sursauts et jurons de la part des hommes qui, à l'arrière, se cramponnaient aux ridelles du camion. Quelques fois, la vitesse pouvait atteindre les 30 km à l'heure... à ce moment-là, nous roulions sur une piste sablonneuse et absorbions des nuages de sable fin. Les hommes du véhicule de tête n'avaient pas ce problème. Mais un autre les guettait; les mines ayant pu être enfouies sous la piste au cours de la nuit précédente... Les véhicules roulaient, espacés de 50 mètres environ, représentant une distance normale de sécurité. Des deux côtés de la piste, les touffes d'alfa s'élançaient à l'assaut des dunes de sable ocre.    

 

 

1959-O91 - Région de Aïn-Sefra et Bou-Semghoun.

 

          Une halte est faite à Chellâla pour permettre à une partie du convoi de prendre possession de son lieu de cantonnement qui servira de base-arrière à notre Bataillon. Le ksar de Chellâla-Dahrania est situé à 75 kilomètres environ d'Aïn Sefra. Son altitude est de 1075 mètres. Sa population varie autour de 700 habitants. Un peu plus loin, à quelques kilomètres de là, se trouve Chellâla-Gueblia (Chellâla du sud), un petit ksar d'une centaine d'habitants.       

 

              Les monts des Ksour sont décrits comme une belle région montagneuse qui s’étale de la frontière marocaine jusqu’au djebel Amour à l’Est. Cette appellation tire son origine de la présence d’une quarantaine de ksar. Cette région est connue pour être le haut-lieu de l’art rupestre et compte plus de 300 stations de gravures rupestres. Aïn Sefra mais aussi Boussemghoun, Chellâla et les Arbaouats entre autres, sont connus  pour détenir de nombreuses gravures rupestres. Des ksar que j’apprendrais à connaitre successivement lors de nos nombreuses sorties opérationnelles dans cette région.

 

           Nous repartons de Chellâla. La piste tantôt se faufile au travers de paysage montagneux où se dressent quelques accacias ou tamaris rabougris, tantôt s'avance sur le lit d'un oued asséché surmonté d'un ou deux palmiers. Par moment, nous circulions sur une piste sablonneuse, truffées d'ornières. Le sable mou à certains endroits pouvait provoquer l'ensablement des roues des camions malgré le savoir-faire en matière de conduite de nos chauffeurs. Cela nous est arrivé plusieurs fois au retour d'opération mais nullement à l'aller... Nous descendions du camion et aidions le  chauffeur à dégager les roues à la pelle. Puis des plaques perforées en fer étaient glissées sous celles-ci et le chauffeur tentait alors un démarrage après avoir enclenché le crabot. Les roues mordaient sur les plaques puis s'accrochaient enfin sur le sol ferme. Pour aider le chauffeur, on poussait le camion lors du démarrage. C'était notre intérêt, car plus vite nous serions au camp, plus vite nous pourrions nous reposer. Pendant ce dépannage, le convoi était immobilisé et les halfs-tracks en position défensive. Quelques uns profitaient de ce lap de temps pour en griller une... 

 

       Les trainglots tout comme les mécaniciens, étaient formidables. Les premiers prenaient du risque pour nous amener au plus près des djebels qu’on devait escalader. Les seconds suivaient systématiquement le convoi avec leur camion-grue de dépannage et s'obligeaient à effectuer les réparations dans les plus brefs délais et à maintenir notre parc-auto dans le meilleur état possible. Tous issus du contingent, à l’exception de l’encadrement, ils étaient vraiment compétents. Le travail ne leur faisait pas défaut mais ils n'en retiraient aucune vanité .

 

       Au loin, quelques rares gazelles, à notre approche, s’enfuyaient rapidement. Mais je n’en ai guère vu souvent, contrairement à la gent ailée, les perdrix et tourterelles. Au milieu des dunes, on apercevait quelques chameaux broutant leur maigre pâture, l’alfa. L’animal le plus curieux de l’Algérie, c’est bien le dromadaire, généralement appelé "chameau" malgré qu'il n'ait qu'une seule et unique bosse.

 

1959-137- Un dromadaire et son petit.

  En opération, on rencontrait quelques "chameaux" peu soucieux de notre présence. Ici, une femelle et son petit.

 

      C’est un animal à l’ossature particulière et aux colères bruyantes. Il joua un grand rôle dans le commerce caravanier jusqu’aux années 1970-80, remplacé petit à petit par les véhicules motorisés tout terrain. Le dromadaire présente une résistance exceptionnelle à la chaleur et à la soif. Il peut être dressé en animal de selle. Dans la région des Ksour, les caravanes étaient interdites par l’armée pour éviter qu’elles ne donnent lieu aux passages d’armes en provenance du Maroc.

 

           "Le dromadaire, également appelé 'chameau d'Arabie', est une espèce de mammifères domestiques de la famille des camélidés. Pour cette raison, qualifier un dromadaire de 'chameau' n'est pas, à proprement parler, erroné mais cependant imprécis, l'animal nommé couramment 'chameau' présentant deux bosses, alors que le dromadaire n'en possède qu'une seule apparente.

                Le dromadaire est un animal habitant des déserts chauds (Sahara, péninsule Arabique,...) alors que le chameau se retrouve plus en zone froide comme la Mongolie.

                   Les dromadaires sauvages sahariens qui ont plus ou moins disparus, sont les ancêtres des dromadaires de courses domestiques aux membres fins, qui leur permettaient  d'avoir la capacité de courir très vite pour échapper aux différents prédateurs tels les lions de l'Atlas, léopards de Barbarie, lycaons ou guépards sahariens.

                  L'un des éléments anatomiques qui distingue nettement le dromadaire des autres ruminants est la nature du pied. Dépourvu de sabots, ce qui le range dans le groupe des digitigrades et non des onguligrades, le dromadaire a un pied large et élastique, bien adapté à la marche sur des sols sableux. La bosse n'est qu'un tissu adipeux, blanc et de consistance douce, susceptible de varier en volume, en vertu de l'état nutritionnel de l'animal". ('Dromadaire'). 

                 

 

1959-136- Troupeau de dromadaires.

Les caravanes étaient rares aux abords de la frontière marocaine. Ici, bivouac exceptionnel de l''une d'entre elles à Boussemghoun.

 

           " La bosse du dromadaire est une véritable réserve de graisse pouvant atteindre un poids de 14 kg.  Cet animal peut rester assez longtemps sans boire s'il a des végétaux verts à sa disposition et ne stocke pas le liquide dans son estomac, contrairement à ce que l'on a cru pendant longtemps. Au repos, il supporte la privation d'eau et de nourriture pendant plusieurs semaines mais durant seulement une semaine s'il fournit des efforts en transportant une charge sur de longues distances. La graisse lui permet de se passer d'eau, car une partie peut se transformer en liquide à la suite de réactions chimiques. Les nomades qui connaissent la distance entre deux puits et le nombre de jours nécessaires pour la franchir, ménagent leurs dromadaires. Dès que ceux-ci ont bu, leur organisme se réhydrate en peu de temps mais leur bosse ne reprend ses dimensions normales que beaucoup plus lentement, à condition qu'ils soient suffisamment nourris. Récemment, on a constaté que le dromadaire dispose d'un autre mécanisme qui l'aide à mieux économiser l'eau. Chez lui, l'air expiré au niveau des narines est beaucoup moins humide qu'on ne le pensait, car une partie de l'eau est récupérée dans les cavités nasales". ('Encyclopédie du Groupe Paul-Emile Victor').     

 

        Dans la région de Colomb-Bechar, il y avait les pelotons de méharistes crées par l’armée il y a de nombreuses années. En novembre 1952, les Compagnies sahariennes célébrèrent le cinquantenaire de leur création. De tout cela, il ne reste plus rien, à part les souvenirs personnels et les clichés photographiques. Quant aux dromadaires, ils ne servent plus qu'aux promenades touristiques dans le désert. C'est bien mieux que de transporter des armes.

 

       Sur ces Hauts Plateaux des Ksour, je n’ai jamais vu fleurir quoi que ce soit. Mais il parait que le désert peut fleurir rapidement... Il suffit que la pluie vienne rafraichir et faire germer les graines de diverses plantes restées longtemps en sommeil pour les voir éclore. 

 

        "Dans le désert chaud du Sahara, animaux et plantes sont relativement rares et on a même parfois l'impression qu'il n'y a aucune vie. En fait, d'innombrables graines sont présentes çà et là. Elles ont été apportées par le vent et il suffirait que la pluie tombe pour les faire germer et transformer en étendue verdoyante des espaces désolés. En fait, les déserts ont souvent une végétation assez riche: n'a -t-on pas recensé environ 1 200 espèces de plantes à fleurs dans le Sahara?".  ('Encyclopédie du Groupe Paul-Emile-Victor).

 

        Le ksar de Boussemghoun et sa palmeraie s'étalent à 960 mètres d'altitude, entre deux chaines de montagne. D’un côté le djebel Taméda à 1993 m d’altitude, de l’autre, le djebel Tanout à 1990 m d’altitude.

 

1960-017--Palmeraie-de-Bou-Semghoun-jpg

                         La palmeraie et le ksar de Boussemghoun. Au loin, sur la droite, le Taméda.

 

       Ce ksar est constitué de maisons serrées les unes aux autres, à toiture en terrasse, et comprennent bien souvent deux niveaux; le rez-de-chaussée est réservé aux animaux, l’étage à l’habitation. Certaines possèdent une ou plusieurs façades donnant souvent sur des ruelles couvertes pour se protéger du soleil et de la chaleur. Ces maisons communiquent entre-elles par des portes mais aussi par des terrasses ce qui permet aux femmes de circuler de maison en maison sans utiliser les ruelles et en toute discrétion. Elles sont bâties en pierres, maçonnées le plus souvent avec un mélange de terre argileuse qui donne cette belle couleur ocre et divers éléments tirés du palmier tels le tronc ou les palmes. 

 

       Ce ksar s’est édifié là il y a fort longtemps car il y avait de l’eau en abondance. Boussemghoun aurait été appelé, dans un passé très lointain, Oued Al-Asnam ('la Rivière des idoles'), mais on ne connait pas l'origine de cette appellation. Pour nous, appelés du contingent, le nom de ksar, nous ne l'avons guère utilisé. C'était généralement le nom de "douar" qui désignait le village arabe. Peut-être par facilité...

 

        Bousemghoun est implanté près d’un oued à l’eau abondante, laquelle a permis le développement d’une palmeraie, d’une oasis. Celle-ci est le jardin de ces contrées où sont cultivées principalement de nombreuses espèces de dattiers, mais aussi des figuiers, abricotiers, grenadiers, pêchers, orangers. La terre y est fertile et les nombreux jardins, clôturés succintement, s’étirent le long de l’oued. L'eau abondante permet l’irrigation des parcelles de terrain en toute saison par l’intermédiaire d’un astucieux réseau de rigoles. Des puits alimentés par les eaux d’infiltration souterraines, permettent au ksar d’être alimenté en eau suffisamment potable pour être utilisée sans danger par sa population. Dans les jardins, sont cultivés les oignons, les fèves, les piments, les tomates, les pastèques, les citrouilles et bien d’autres choses. Je me rappelle qu’à l’entrée de notre camp, de jeunes musulmans venaient nous vendre des grenades, des dattes, des figues et autres fruits de saison.

 

        Il semblerait que la population de Boussemghoun ait toujours montré son attachement à la langue amazighe, sa langue traditionnelle, ainsi que son désir de protéger son passé historique, à savoir les gravures rupestres attestant de son mode de vie, de ses coutumes et de la faune datant du début du néolithique  nord-africain, soit 7000 à 3000 ans avant Jésus-Christ.

 

       L’aspect modeste des maisons qui constituaient le ksar à l'époque où je l'ai connu, donnait une idée du faible niveau de vie de ses habitants. Les cultures maraichères, fruitières et les troupeaux de chèvres et moutons, dont les zones de pâturage étaient forts restreintes, leurs permettaient de vivre plutôt chichement qu'aisément.

 

        Ce ksar serait parait-il, partiellement abandonné depuis la construction, à partir de l'indépendance de l'Algérie, de la nouvelle  ville de Boussemghoun.

 

        "Le douar est considéré comme la base de la constitution sociale des Arabes. Les tribus sont divisées en ferkas, subdivisées en association de tentes, auxquelles leur disposition circulaire a fait donner le nom de douar. C'est surtout dans la région du Tell (1) que le mot est employé. Dans celle du Sahara, on dit dechra ou k'sar.

        Le douar est soumis à l'autorité d'un chef subordonné au chef de la fraction de tribu et à celui de la tribu. En Algérie, le 'sénatus-consulte' du 22 avril 1863 a attribué la personnalité aux douars, leur a reconnu un domaine, les terres de parcours de leur territoire, et leur a donné le droit d'avoir une djemaa, ou 'conseil particulier' ; c'étaient déjà des sortes de communautés municipales".

            (1) "Le Tell, nom donné, en Algérie, au versant de l'Atlas méditerranéen, coupé de terrasses, de vallées, qui s'incline vers la mer et qu'il domine de ses cultures et de ses forêts de hêtres et de chênes-liège. C'était la partie de l'Algérie la mieux apte à recevoir la colonisation européenne". (Dictionnaire Universel Encyclopédique Larousse).

          

         Pour ce qui est du climat, on sait que l'Afrique du Nord, en particulier l’Algérie, surtout sur ses Hauts Plateaux et le Sahara, est un pays où il y fait très chaud mais on ignore bien souvent qu'il peut y faire froid. A  Boussemghoun, la température en hiver, pouvait descendre à - 8° environ.

 

           "Dans les déserts subtropicaux, les températures estivales sont très élevées (59° à Tindouf, dans la région de Colomb-Béchar, au Sahara) et les températures hivernales sont très basses, avec des minimum de température de +5° et moins. Cela ne vaut pas pour le Sahara où, en hiver, il gèle en de nombreux endroits, non seulement dans les régions de montagne tel les monts des Ksour mais aussi en plaine: on a noté -6° à Colomb-Béchar". ('Encyclopédie du Groupe Paul-Emile Victor').

 

         Lorsque nous sommes arrivés en ce début du mois de novembre, les journées étaient relativement chaudes mais les nuits se rafraichissaient assez rapidement. Notre premier travail a consisté à dresser les "guitounes", les tentes; ce n'était pas un petit travail, d'autant plus que nous manquions d'ardeur, peut-être à cause de la chaleur, du paysage déprimant qui nous entourait ou tout simplement en se rappelant les soirées passées dans les bars d'Aïn Sefra, lesquelles allaient nous manquer... Souvenirs, souvenirs.

 

1959-132- Montage des tentes.

Notre premier travail a consisté à monter les guitounes mais le courage nous faisait défaut...

Oui, il n'y avait pas trop de fougue... la photo nous le démontre.

 

1959-133- Place du Rapport.

Le camp installé. Ici, la place du Rapport où flottent les couleurs de la France.

 

       Le montage des tentes fut suivi d’un travail qui ne pouvait être remis à plus tard: l'aménagement des "feuillets". Cela consistait à creuser, en deux ou trois endroits assez éloignés des tentes, des tranchées de 60 cm de profondeur sur 40 cm de largeur environ et sur deux à trois mètres de long, permettant d'y faire porter d’un bord à l’autre, des planches disposées par paire, non jointives. Il fallait que ces planches soient suffisamment solides pour supporter, sans casser, le poids d’un homme de taille normale. Vous avez compris, il s’agissait des latrines, en un mot, des chiottes, terme le plus approprié pour nommer ce genre de chose.

 

         Nous avons dû apprendre à surmonter notre petit sentiment de honte en nous positionnant sur ces planches, sentiment d'autant plus vif si des convives s'étaient déjà invités... Par la suite, ces chiottes étaient devenus des coins agréables où l'on y échangeait les cancans,les rumeurs et les potins du jour... Bien sûr, il y en avait toujours qui regrettaient les latrines du camp Lecocq. Affaire de goût, de personnalité, de confort... Les officiers et sous-officiers avaient le leur qui n'était guère différent des nôtres... mais qu'il ne fallait pas utiliser sinon on avait droit à la petite réflexion... Parfois, on construisait un écran avec ce que l'on pouvait trouver autour du camp; positionné derrière nous, notre intimité était sauve...

 

         Après, si on était un peu curieux, il suffisait de regarder le travail des fossoyeurs. Des petits scarabées noirs, insectes coléoptères coprophages, qui se nourrissent principalement d'excréments (bouses de vache, crottins de cheval ou excréments humains), montés sur de fines et longues pattes qui leurs permettaient de grimper les talus sablonneux à forte pente. Ils façonnaient des boulettes d’excréments et, tout en les faisant rouler devant eux, les emmenaient au-delà des feuillets, dans leurs galeries souterraines. Dans le désert, rien ne se perd, tout se transforme. Compte-tenu que ces scarabées ne pouvaient venir à bout de toute cette "nourriture", les feuillets étaient périodiquement comblés et l'on recommençait à en ouvrir de nouveaux ailleurs.

 

         Dans le même temps, venait la pose de la clôture de défense du camp. Elle consistait à la mise en place de fils barbelés fixés sur des piquets en fer à T. Cela n’avait rien à voir avec le barrage électrifié... mais donnait cependant le sentiment d’être protégé. La pose, qui se faisait uniquement côté djebel, dura un grand nombre de journées puisqu’elle se termina vers le 15 décembre… de la même année.

 

1959-143--Lavage-du-linge-jpg

Lavage du linge avec la brosse et le savon de Marseille. 

1959-144- Partie de toilette.

Le rasage, une nécessité à moins d' y être contraint par des corvées... Nos chefs de section n'acceptaient pas la barbe de plus de deux jours, sauf en opération...

 

 

1959-145--Apres-la-toilette--la-photo-jpg

 Une fois bien rasé et proprement vêtu, on pouvait se faire photographier pour la famille.

 

      Lorsque nous n'étions pas en opération, le réveil de la Compagnie se faisait à 6 heures. Un responsable était désigné pour aller chercher aux cuisines le bouteillon de café ainsi que le déjeuner (boules de pain et confiture); habituellement le corvéable était celui dont la garde finissait à la même heure. Après, il y avait la toilette et surtout le rasage, une nécessité à moins d'avoir une préférence pour les corvées en cas de récidive, l'un n'empêchant pas l'autre. L'eau était récupérée à la citerne roulante toujours positionnée en plein soleil. Le "Salut aux couleurs"  avait lieu à 7 heures devant le mât des couleurs situé sur la place du Rapport. Venait ensuite le Rapport, la Compagnie étant présentée au capitaine par l'officier et le caporal de jour. Y était désignée la "section de Jour" qui aurait le pénible privilège d'assurer les corvées courantes, les gardes, les transports, les accompagnements de convois, etc. Pour les autres sections, un planning était établi: le footing obligatoire aux alentours du camp, certaines séances de tir toutes armes et la revue d'armes aussitôt après, les travaux de maçonnerie au PC du Bataillon, l’instruction militaire qui était assez réduite (on n'était pas là pour refaire les classes...), etc. Nos gradés se devaient de nous occuper l'esprit et le corps en permanence... C'était voulu ainsi. Il ne fallait pas nous laisser trop de temps libre pour éviter de nous voir réfléchir sur notre condition. La contrainte des opérations, des embuscades, provoquaient chez nous une tension nerveuse qu'on extériorisait principalement au Foyer... Entre copains, on partageait les mêmes angoisses et les mêmes joies... lorsqu'elles se présentaient à nous.

 

        Ensuite, en fonction du temps de liberté qui nous était accordé, si nous n'étions pas de garde ou d'embuscade le soir-même : le Foyer, la lecture, le courrier aux parents, à la copine, aux copains, l’écoute du transistor, la lecture du journal "le Bled", ce magazine de l'armée française qui nous informait de la situation en Algérie mais sans trop s'étaler..., notre lessive, le farniente ou les nombreuses parties de belote qui s’achevaient dans de grands éclats de voix, mettant un peu d'ambiance dans ces soirées passées sous la tente. Tout se terminait par "l'extinction des feux".

 

         Une tente permettait d’abriter une douzaine d’hommes. Ainsi, la section était répartie sur deux tentes. On se rendait visite de l’une à l’autre car les bons copains ne logeaient pas forcément sous la même toile. Par section, il fallait compter sur 20 à 25 % de Français de souche nord-africaine, les FSNA. Nous n’avons jamais eu de problème avec ces gars, en tout cas dans notre section, et n’avons eu aucune connaissance de faits graves qui auraient pu leur être imputable au niveau de la Compagnie. Généralement, c’étaient des jeunes de notre âge, qui se retrouvaient dans les mêmes conditions de vie que nous, loin de leur famille et, grand paradoxe, contraints de combattre leurs propres compatriotes. Certains avaient de la peine à s'intégrer dans le contexte qui leur était imposé, pour d'autres, c'était plus facile. D'une façon générale, on ne se mélangeait pas, les affinités entre les deux groupes que nous formions, étaient restreintes, ce qui nous empêchait pas de nous respecter. 

 

      Dans l’ensemble, que nous soyons de souche française ou algérienne, nous étions de jeunes hommes malléables et faciles à commander. Pour ceux qui étaient de "souche métropolitaine", nous étions à peu près tous, issus du même milieu social, celui d'ouvrier. Il n’y avait pas d’intellectuels dans notre section, une frange que l'on retrouvait surtout du côté des officiers. Nous étions pour la plupart du Midi de la France, parfois de Corse mais très peu de la région parisienne ou du nord. Le même uniforme gommait nos éventuelles différences, sauf l'accent...

 

          "Nos soldats sont de très braves types, souvent d'origine rurale, d'une bonne volonté et d'une gentillesse extrême. Ils sont là par la volonté d'hommes politiques aveugles, imprévoyants, pusillanimes et ambitieux, que les électeurs français (nos pères et nos mères) ont portés au pouvoir". ("Nous regardions la mort en face" par Jacques Langard - s/ Lieutenant à la 5è Compagnie du 8è RIMa).

 

         A la 4è section dont je faisais partie, il y avait les anciens qui pouvaient s'échelonner sur plusieurs classe. Je me rappelle du nom de quelques uns: Jean SIDOTI, Henri BOYER, KAIRET, Claude LAFONT, Lucien LAFONT (ils n'étaient pas de la même famille),

         puis ceux de ma classe, à quelques mois près: Serge AUBRY, Bernard BELIME, Henri GOUT, Roland GRAILLE, Alain MAGUET, Robert MAUCHAUSSE, Ferdinand MELONI, Claude BERTIN, Claude DIAZ, Jérôme GALEAZI, JALPY, Jean GAL, Jean GEMARIN, Claude ISEGLIO, Jean JACQUET, Marcel KERMORVAN, Jean-Jacques LAFDJIAN, André MARIGLIANI, Antoine MENA, Pascal ORSONI, André PLEINDOUX, Giovanni SGARITO, Guy TRANCHARD, Henri VIC, Marcel LONG, Henri BRUYERE et bien d'autres dont les noms m'échappent.

        

         Pour les gradés: Colonel PORTAL, commandant ROY, les capitaines DEROLLEZ, SALVAN, les lieutenants MICHAUD, PINVIDIC, BARBOTEAU, PINAUD, FISCHER, les adjudants CARARO, BENABEN, les sergents MARTINEZ, MAQUART, etc.

 

         Après chaque opération ou entrainement au tir, la revue d’armes s’imposait. Cela nous amenait à démonter complètement notre arme, à la nettoyer le plus parfaitement possible. Les différentes pièces mécaniques étaient huilées. Les chargeurs vidés, nettoyés, huilés et les ressorts en acier détendus pour une meilleure poussée en position compressée. On les approvisionnait ensuite en cartouches en prévoyant (pour les pistolets-mitrailleurs en particulier) une balle traçante pour cinq balles ordinaires.

 

       L’armement était fonction de la position qu'on occupait dans la section.

 

       Habituellement, le chef de section s’octroyait soit le pistolet automatique MAC 50 - calibre 9 m/m avec chargeur de 9 cartouches, soit la carabine US M1 - calibre 7,62 m/m avec chargeur de 15 cartouches d'un poids de 2,360 kg. Cette dernière arme était très maniable et précise jusqu’à 200 mètres. Sa munition était cependant de puissance inférieure à celle d’un fusil mais supérieure à celle d’un pistolet. Son défaut : elle s’enrayait facilement à cause de la poussière de sable.

         Le tireur au FM 24/29 était le plus gâté par le poids de son arme : 9,600 kg avec le chargeur. Il fallait être robuste pour le porter pendant des heures sur des dizaines de kilomètres, sur tout terrain, tantôt sur une épaule, tantôt sur l’autre. Nous fûmes rapidement équipé du nouveau fusil-mitrailleur, l'AA 52 à bande, d'un poids équivalent. 

 

          Les pourvoyeurs au FM étaient équipés du fusil MAS 49/56 - calibre 7,65 m/m, avec chargeur de 9 cartouches d'un poids de 4,500 kg comportant un dispositif permettant le lancement de grenade et d'une baïonnette faisant office de poignard. Les chargeurs ou les bandes étaient portés dans des sacoches.       

 

       Les voltigeurs de pointe étaient équipés soit du pistolet-mitrailleur MAT 49 -  avec chargeur de 32 cartouches  -  calibre 9 m/m, d’un poids de 4,075 kg, soit du fusil MAS 49/56. 

 

         Dans chaque équipe composant la pièce (le FM), il y avait un tireur d'élite au MAS 49/56, muni de la lunette de visée APXL 806 de 3,85 de grossissement.

 

1960-038- Fusil MAS 49-56 avec sa lunette de visée.

 

           Le radio, portant le SCR 300, avait généralement un pistolet MAC 50 (Manufactures d'Armes de Châtellerault). C'était une arme appréciée pour sa robustesse, sa bonne prise en main et son fonctionnement. Le radio n’avait pas de sac à dos, ses affaires étant prises en charge par ses copains, à l’exception de ses bidons d’eau.

 

             Personnellement, après le FM 24/29 que j'ai porté pendant les campagnes de Frenda et de l'Ouarsenis, j’eus en ma possession le fusil MAS 49/56, puis, en tant que radio le pistolet MAC 50 et, pour finir, la MAT 49 (Manufactures d'Armes de Tulle) que j’ai conservée jusqu'à la fin de mon séjour en Algérie. 

 

110-La-MAT-49-jpg

 

          Celle-ci était une arme d'une très grande fiabilité, ne s'enrayant pratiquement jamais, peu encombrante par le fait de sa crosse coulissante et d’une grande facilité d’entretien et de démontage. J'avais cependant noté une faiblesse du ressort des chargeurs (j'avais doublé le ressort des chargeurs). C'était une arme pour le combat rapproché uniquement, la munition de 9 m/m étant un calibre trop faible au-delà de 100 mètres.

          Il n’y a jamais eu de mitrailleuses dans les sections car trop lourdes pour être transportées à dos d’homme. Dans la section de commandement, il y avait un caporal qui portait le mortier de 60m/m (18 kg), et d'autres les obus... C'était une arme collective à tir courbe, très puissante, capable de traiter des objectifs placés derrière des obstacles. 

 

         Nous étions tous équipés de grenades offensives portées dans une petite sacoche suspendue au ceinturon. 

 

          Il y avait un maitre-chien par section. Deux ou trois maitres-chiens se succédèrent dans notre section, de façon épisodique pendant mon temps en Algérie.

 

          'La France fut l'une des dernières nations européennes à s'intéresser au dressage et à l'utilisation des chiens. Entre 1954 et 1962, près de 4 000 chiens participèrent aux opérations en Algérie, alors que leur nombre n'atteignait que 40 en 1950. On y distinguait: les chiens de garde, de patrouille, pisteur, démineur, chercheur d'armes, d'exploration de grottes. Ce fut surtout le concept du 'chien éclaireur' qui fut développé au cours de ce conflit. Il était en mesure de déceler tout ce qu'il y avait de vivant devant lui, sur une centaine de mètres maximum, et de transmettre l'alerte à son maître par ses attitudes. Ce mode d'éclairage présentait un très grand intérêt dans les terrains difficiles et dans les couverts (broussailles, forêts, rochers). Ce chien pouvait attaquer, s'il en avait reçu l'ordre, et poursuivre éventuellement le fuyard. Certains, parmi les plus calmes, pouvaient être utilisés en embuscades. Leur  place était en première ligne dans les patrouilles et les ratissages. Beaucoup de chiens furent tués au combat et certains décorés de la Croix de la Valeur Militaire. Principale race de chien utilisé: le 'berger allemand', un chien taillé pour l'action, courageux, intelligent et surtout, très fidèle.

           Le cas de 'Gamin', berger allemand du chenil militaire de Béni-Messous: 

       Le 29 mars 1958, tôt dans la matinée, le gendarme Gilbert GODEFROID est réveillé en urgence; une troupe, estimée à 200 hommes, a franchi les barrières électriques de la frontière tunisienne. Déposé par hélicoptère, Gamin et son maître se mettent rapidement en recherche, suivis par les hommes du 1er REP. La piste fraiche, est rapidement trouvée et, au moment où GODEFROID lâche son chien, une rafale d'arme automatique blesse mortellement le gendarme. Blessé lui-même, Gamin s'élance et égorge son agresseur. Il rampe ensuite vers son maître et se couche sur lui pour le protéger à nouveau. Il ne faudra pas moins de six hommes et une toile de tente pour le maitriser. Ramené au camp de base, il est sauvé mais personne ne pourra l'approcher ni lui donner des ordres. Gamin meurt cependant de chagrin deux semaines après son arrivée. Ses cendres sont toujours gardées au Centre National d'Instruction Cynophile de la Gendarmerie à Gramat, où un monument lui a été dédié'. ('La Guerre d'Algérie - Historique du chien').

 

        Dans notre section nous avions toujours des chiens de compagnie qui nous suivaient parfois lorsque nous allions en patrouille aux abords du camp mais il nous était interdit de les amener avec nous en opération. Nous eûmes d'autres animaux de compagnie tels  un jeune chacal, un jeune aigle et surtout des caméléons, bestioles les plus faciles à obtenir...

 

          Contact: riton16@orange.fr

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commentaires

godet daniel 28/12/2014 15:02

bonjour a tous
au sujet de la mat 49 .au cours d un exercice de tir
je me suis aperçu q il ne sortais que 2 balles de l arme .apres il fallait sortir le chargeur le cogner sur une rangers le renclancher et il sortait 2 autre balles et ainsi de suite .le sable
empèchait les balles de remonter dans le chargeur
méme en netoyant avec un chiffon .c etait pareil pas tres rejouissant et ça aucun gradè nous en a informé pas normal
par contre quand on est remontè vers le nord plus aucun problème
un petit clin d oeil a gerard sahuc ce que j ai notè sur mon carnet au premier fevrier demain je suis d escorte pour aller a talterny cherchè le lieutenant sahuc pour l emmener a sebdou a bientot
peut etre daniel godet

anciens-8erima-algerie 29/12/2014 21:43



Bonsoir,


Mon arme, en Algérie, fut  comme mon épouse en France; je l'entourais de beaucoup de soin avant de m'en servir. Je n'ai jamais été déçu.


Bonne soirée.



Noureddine 06/11/2013 23:10

Attention à l'ogre dévastateur qu'est le tourisme il tue tout sur son passage , Nkhila ( j'y étais il y a douze jours )elle n'a plus d'attrait comme par le passé ,il y a une présence humaine quasi
quotidienne , je ne la reconnais plus sincèrement , ce n'est plus cette oasis sauvage perdue au milieu de cette aridité
j'aurais bien aimé connaitre la Nkhila décrite par Kleinknet où il disait : elle ne pressentait aucune trace de bivouac ou de pollution les empreintes de pas étaient elles mêmes effacées par le
vent

Nkhila meut à petits feux hélas

anciens-8erima-algerie 08/11/2013 15:10



Bonjour,


Nous, anciens de la 2ème Cie du 8ème RIMa, avons eu le 'plaisir' de connaître, en 1959, la palmeraie de Noukhila telle que l'a décrit si bien KLEINKNECT, dans son livre: 'Une vie au
service de l'Algérie et du Sahara'. A cette époque, elle ne subissait aucune pollution, quelle qu'elle soit.


Ceci est bien regrettable. Peut-être est-ce le résultat de son succès! Et la présence humaine excessive sur son site ne pourra que la dégrader tout doucement au cours des prochaines années. A
moins d'un sursaut moral et responsable de la part de 'ceux qui l'aiment'. 


Cordialement.



MAZIGH 23/10/2013 22:18

Salut André. Merci une autre fois pour ce document précieux qui trace votre souvenir de jeunesse vécu loin de votre pays et de la famille pour aller séjourner dans la caserne de la paisible oasis
de Noukhila à Boussemghoun dans l'Oranais, pour la simple raison répondre à l'appel du service national contre votre gré.Merci aussi aux personnes qui n'ont pas hésité a participer avec leurs
souvenirs pour enrichir ce blog. Pour la deuxième fois cette année 2013, Boussemghoun ouvre ses bras et reçoit la visite d'un de vos compatriotes nommé François, habitant Marseille et d'origine
italienne, ancien infirmier entre 1959 et 1961 à Boussemghoun.Il est venu, accompagné de son fils Jean Marc alors entrepreneur dans la région d'Oran, rendre visite et vivre ses souvenirs passés
comme appelé de la 8°RIMA, il y a de cela plus de cinq décennies.Il a rencontré quelques personnes agées avec qui il a changé quelques souvenirs lors de son séjour parmi les habitants du village.
Il a beaucoup apprécié le nouveau village construit non loin du Ksar et de la riche palmeraie. Il a pris des photos ici et là avec son fils et les deux jeunes accompagnateurs qui leur servaient de
guide. A la fin de sa courte visite, il a tenu un petit entretien avec un ancien Moudjahid qui l'a fait vivre quelques moments vécus dans la région et se sont échangés des propos pour se rappeler
le passé avec ses bons et mauvais souvenirs des deux cotés. Après une petite pause accompagnée d'un verre de thé à la menthe et des gateaux traditionnels, il a quitté le village dans le souhait de
revenir une deuxième fois avec sa famille et une caméra à la main si Dieu le veut.En attendant d'autres visiteurs, je dois dire merci à toute personne voudrait bien venir porter son témoignage de
cette sale guerre qui a endeuillé les familles de part et d'autre.Merci infiniment d'accepter mon passage.

anciens-8erima-algerie 26/10/2013 17:05



Bonjour,


Je souhaite que vous soyez entendu.


Cordialement.



Bertaïna Marie-Claude 07/08/2013 21:26

Un vrai livre d'histoire à éditer.
Période vécue, racontée avec simplicité par l'auteur.
J'ai plus appris sur la guerre d'Algérie, en quelques heures de lecture qu'à l'école.
24000 jeunes Français y ont laissé leur vie; quel malheur !
Un grand merci et félicitations à l'écrivain.

anciens-8erima-algerie 07/08/2013 21:45



Bonsoir,


Un grand merci à vous pour avoir eu la patience de lire ces souvenirs en totalité.


Cordialement.



sassatelli 08/07/2013 17:10

très beau. recis.ancien 57/1C du 49°GENIE campement BEN IKROU a 100 Kms de AIN SEFRA direction COLOMB BECHARD,nous étions chargés du barrage barbelé+mines+electrifié
nous partagèons les memes souvenirs,je peux t'envoyés des photos
amicalement

anciens-8erima-algerie 08/07/2013 19:39



Salut Marcel,


Merci d'avoir bien voulu te plonger dans mes souvenirs d'Algérie.


Ben Ikrou, au nord du djebel Mzi qui me rappelle quelques souvenirs; peut-être sommes-nous passés dans ce secteur lors d'une opération mais sans le savoir...La construction de ce barrage n'a
pas dû être une mince affaire pour les gars comme toi du  49è Génie.Vous avez certainement 'mouillé' la chemise...


Bien sûr que tu peux m'envoyer des photos et c'est avec plaisir que je les regarderais. Pour cela, utilise mon adresse mail qui figure au bas du dernier chapitre de mes 'oeuvres'.


Dans cette attente, cordialement.