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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:16

  9ème Chapitre:  BOUSSEMGHOUN  4

 

Mardi 1er Mars 1960:  Opération à l’échelon du Bataillon. Départ à 4 heures, retour à 22 heures. Très pénible… mais sans plus d'information. Je n'ai pas eu le temps de prendre des notes. 

 

Mercredi 2 Mars : Nous sommes au repos après cette belle journée d'hier...

 

Jeudi 3 Mars : La Compagnie est en alerte pour appuyer si nécessaire la 1ère Compagnie qui crapahute dans le secteur.

 

Vendredi 4  Mars : Départ en opération à 1 heure du matin. Retour à 23 heures. Des heures à crapahuter  dans ces djebels qui n'en finissent pas. Nous sommes morts de fatigue à l'arrivée au camp. On ne songe qu'à une chose: 'Se coucher et ne plus rien entendre'. 

 

Samedi 5 et Dimanche 6 Mars: Repos toute la journée.

 

            Je me souviens de ces fins d’opérations, surtout au moment ou notre chef de section nous apprenait qu’on décrochait, le capitaine ayant donné l’ordre aux sections engagées sur le terrain de se replier sur la zone de regroupement. Pour nous, cela ne signifiait pas pour autant la fin de nos efforts, mais nous savions qu’en principe ce soir-là, nous coucherions au camp. En principe, car un contre-ordre pouvait, à n’importe quel moment, venir balayer nos espérances.

 

         Donc, à peu près certain de ne pas passer une nouvelle nuit sur le terrain, les visages se montraient plus souriant. Tout en descendant la zone en cours de ratissage, toujours aux aguets, nous regardions la plaine au loin, essayant d’y découvrir le petit nuage de poussière soulevé par les roulettes qui devaient se diriger lentement vers le lieu de récupération. Dès que l’un d’entre nous l’apercevait, il passait le renseignement à ses proches et, comme une trainée de poudre, l’information parvenait à tous les gars. Alors, à chacun de s’assurer visuellement si le renseignement était bien vrai en recherchant à l'horizon ce fameux petit nuage de poussière qui allait nous faire plaisir... 

 

           Mais, le massif où nous nous trouvions ne se descendait pas plus vite pour cela… Les sections avançaient en fonction des ordres reçus et devaient s’aligner les unes par rapport aux autres pour éviter que des hommes ne se trouvent trop en avant et donc sur des lignes de tir. Il y avait des arrêts qui nous permettaient de souffler, de boire un coup ou d’en allumer une… Dans la mesure de nos possibilités, on choisissait le lieu de son arrêt, par exemple, debout près d’un rocher afin d’y appuyer son sac à dos et ainsi soulager les épaules. Le plus souvent, on s’asseyait par terre, le dos appuyé sur le sac, l'arme sur le ventre. Le terrain enfin ratissé, arrivés dans la plaine, la direction à suivre était facile : tout droit sur les roulettes.

 

       Au fur et à mesure de notre avancée vers ces dernières, les distances entre hommes se réduisaient considérablement. La section ne faisait bientôt plus qu’un seul groupe, les hommes les plus grands allongeant systématiquement le pas, les plus petits derrière rechignant sur l’allure forcée qu’on leur imposait mais s’astreignant à suivre. Tout ce petit monde suant, soufflant, ne  s’attardant pas à parler, s’avançait vers les camions que l’on apercevait au loin. Au fur et à mesure que la distance se réduisait avec les bahuts, les sections se rejoignaient pour ne faire qu’une seule file d’une bonne centaine d’hommes animés par un seul désir : rejoindre au plus vite les camions et embarquer aussitôt.

 

          Très souvent, à l’arrivée aux camions, une caisse de bière apparaissait à l’initiative du chef de section. Celui qui le souhaitait, achetait sa bouteille moyennant 25 francs, et buvait aussitôt. Bien souvent une grimace apparaissait sur les lèvres ; la bibine était chaude. " C'est de la pisse mais c'est bien bon quand même..."‘ pouvait-on entendre. Parfois, la caisse était payée par un de nos gradés; on appréciait.

 

           Dès que l’ordre d’embarquer était donné, on se hissait à bord, accrochant le sac à dos à la ridelle et, sans quitter son arme, on prenait possession de son bout de banquette avec un immense plaisir... 'Une de plus, une de moins à faire' disait-on bien souvent.  Tout se terminait vraiment au camp car des incidents pouvaient toujours survenir sur ces kilomètres de pistes poussiéreuses et défoncées.

          La fatigue, accentuée par le froid ou la chaleur, se lisait sur les visages et nous laissait dans un grand état de lassitude. J’ai en mémoire l’image de ces retours où beaucoup d’entre-nous dormaient, recroquevillés sur les banquettes, appuyés les uns sur les autres, la tête basculant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, au rythme des balancements du camion. Très peu restaient attentifs, trop fatigués pour résister à l’envie de fermer les yeux malgré le bruit du camion et les secousses engendrées par les nombreuses déformations de la piste. Alors, comme lorsqu’on était gosse, passait le marchand de sable : "Bonne nuit, les petits!". Comment aurait-on réagi si l’on était tombé dans une embuscade à ce moment-là ?

 

Lundi 7 Mars : La Compagnie est au repos.

 

             "Au tout début du mois de mars 1960, de Gaulle précisera, lors de sa 'deuxième tournée des popotes' :

             'Même en la pacifiant complètement, nous ne garderions pas l'Algérie pour longtemps si nous ne la transformions pas de fond en comble... Mais il est nécessaire aussi qu'intervienne une transformation morale. L'ère de l'administration directe des autochtones par l'intermédiaire des Européens est révolue...'

              Les officiers qui entendent ces propos, commente Georges de Boissieu, y adhèrent complètement. Ils conviennent que peut-être un jour, ce pays devra avoir son indépendance. Mais ils pensent qu'il faudra du temps et qu'en tout cas aucune négociation,aucune conversation ne sont possibles avec les dirigeants actuels de la rébellion qui ont prouvé leur cruauté, leur sauvagerie et leur haine des Français. Pour ces officiers, il convient donc de poursuivre la lutte armée jusqu'à l'extermination ou la reddition des dernières bandes rebelles. Le général Challe est parfaitement d'accord sur cette façon de voir les choses.

              Quant au brave bidasse de 2è classe, son commentaire se résume en une phrase banissant toute spéculation tactique ou politique: 'Il n'a rien dit concernant la durée du service". ('Histoire Militaire de la Guerre d'Algérie' par Henri LE MIRE).

 

 

Mardi 8 Mars : Section de Jour au Bataillon. Pour nous récompenser..., la section part, à 20 heures, discrètement, en embuscade, à une dizaine de kilomètres environ du camp, à pied bien entendu...

 

          Avant de partir, on tient compte des consignes données par le chef de section : pas de feu (donc, pas de cigarette), éviter tout objet pouvant cliqueter ou faire du bruit en marchant, pas de papier d’identité (tout comme en opération), mais emporter obligatoirement sa dotation en munition. Mais deux choses ne nous quittaient jamais :

 

        a) la plaque métallique d’identité sécable suspendue au cou par une chainette. Sur la plaque était inscrit en double: le nom, le prénom et le n° matricule militaire. En cas de mort, la plaque sera fractionnée : une partie restera sur le corps, l’autre sera transmise au service administratif de l’armée.

 

        b) le pansement de compression pour les blessures et particulièrement celle de rupture d’une artère par balle. Pansement d’autant plus utile si on pouvait l’utiliser soi-même sans avoir à faire appel à quelqu’un d’autre car, à ce moment-là, chacun pouvait être occupé...

       Les déplacements doivent se faire sans bruit. Pour cela, nous sommes chaussés de pataugas. Nous avions retaillé et resserré le pantalon au niveau des jambes, afin d'éviter les bruits de frottement. La section démarre en silence après être passée par une chicane, située au niveau des barbelés, gardée par une sentinelle déjà prévenue de notre sortie nocturne. Deux éclaireurs sont en tête, le reste suit en file indienne, en respectant plus ou moins la distance de cinq mètres, le chef de section au milieu suivi de son radio portant le SCR 300 qui émet un léger bruit de fond. 

 

       Quelques renseignements sur cet appareil qui date de 1944.

 

1960-062- Poste-radio SCR 300.

     Le SCR 300 est un émetteur-récepteur porté à dos d’homme. La partie supérieure renferme le système électronique, la partie inférieure comporte les piles non rechargeables. C'est un appareil asez lourd à porter: 17 kg. Un inconvénient pour le porteur : repéré facilement par l’antenne de réception, il était une cible privilégiée lors d’un accrochage. Aussi, les radios n’oubliaient pas de "couder" l’antenne pour être moins facilement repérable. En 1958, il y avait 42 000 postes SCR 300 en Algérie.

 

        Ce poste permettra au chef de section d’avertir le PC de notre arrivée sur le lieu de l’embuscade, de demander des renforts en cas d'accrochage, de signaler notre décrochage et enfin d’avertir l’officier de quart de notre approche du camp afin que la sentinelle ne fasse pas de bêtise.

 

        Dix kilomètres, c’est généralement une heure et demie de marche au milieu des petites dunes de sable qui marquent le paysage, entre le camp et les premiers contreforts du Taméda. Avec la pleine lune, la visibilité sera meilleure mais cette distance ne sera pas avalée plus rapidement. Personne n'a envie de parler. En partant, on évite de trop se couvrir malgré le froid qui se manifeste. En marchant vite, le corps va s’échauffer; il faut éviter de suer pour parer à un refroidissement lorsque nous serons en position d'attente. La veste matelassée et le chèche sont relégués dans la musette avec quelques gâteries (biscuits, pomme, orange ou mandarine...). 

 

      Arrivés sur le lieu de l’embuscade, le chef de section fixe, en priorité, l’emplacement des pièces FM et des servants qui ne doivent pas être trop éloignés les uns des autres. Depuis quelques temps nous possédons le nouveau fusil-mitrailleur, AA 52 qui a tout d’une mitrailleuse légère (au départ, il avait été conçu pour armer les avions T6 de chasse), alimenté par bandes de 200 cartouches, de calibre 7,62 m/m, plus performant que l’ancien 24-29 à chargeur vertical. Cadence de tir: 900 coups/mn - Portée efficace: 600 mètres.

 

1960-036--Fusil-mitrailleur-AA-52-a-bandes-JPG

        Fusil-mitrailleur AA 52

 

        Mais, ce FM, malgré son canon léger, dont le gros défaut est son refroidissement insuffisant, pèse néanmoins 10 kg et nécessite davantage d’entretien à cause de la fine poussière de sable qui se glisse à l’intérieur de la culasse.

         Ensuite, c’est le tour des voltigeurs à être positionnés par équipe mais de telle façon qu'ils ne puissent se tirer dessus. Un caporal est à la tête de chaque pièce FM et de chaque équipe de voltigeurs. 

       Chacun alors enfile sa veste matelassée et dispose son chêche comme il l'entend… Un coup de radio au PC pour l'avertir de la mise en place de l'embuscade et c’est le silence total pour plusieurs heures.

        Dans la nuit qui nous enveloppe, chacun reste avec ses pensées. On se doit de rester éveillé… mais certains ne pourront s’empêcher de glisser dans les bras de Morphée, par petites périodes au cours de la nuit, la position semi-allongée facilitant cette situation. Les heures sont longues, le froid se fait sentir ce qui nous tient malgré tout en éveil. Le ciel sans nuage nous permet de contempler longuement les étoiles. On pense à la famille, à notre jeunesse passée dans ce pays et le vague à l’âme revient au galop.

 

             Avant que l'aube ne se manifeste par un ciel moins étoilé et légèrement plus clair, le chef passe nous voir et nous demande à voix basse de nous tenir prêt à décrocher. C’est fait sans rouscailler.

 

          Le retour se fait en silence, aussi vite qu’à l’aller, le déjeuner et nos pieux nous attendent... A l’approche du camp, arrêt pour avertir par radio le PC. Les derniers cents mètres sont parcourus avec une certaine allégresse... Heureusement que la famille ne sait rien de tout cela. Pourquoi la tenir au courant de ce genre d’activité ? Même informée, que pourrait-elle faire ? Rien, sinon se faire encore plus de soucis. 

 

           Notre arrivée se fait en silence. Deux hommes sont désignés pour aller chercher aux cuisines le bidon de café, les boules de pain et la boite collective de confiture. Notre brave cuisinier, Roger, un ancien de la 2ème DB, reste toujours disponible pour nous, quelle que soit l'heure de retour au camp. Il avait bien pensé à nous; le café est chaud et le reste est à notre disposition. Le petit défaut de Roger; boire de temps en temps, ce qui est toujours de trop pour lui. A ces moments-là, il se force à chanter mais ses paroles ressemblent fort à des borborygmes...

           Assis sur le bord du lit, on mange de bon appétit, l'esprit ailleurs, en se regardant, silencieux. Une ou deux  bêtises finissent par s'échapper, nous ramenant à la réalité. Le sommeil nous gagne rapidement et les pieux sont là pour nous recevoir tout habillés, les pataugas seuls enlevés. Bientôt, on entendra plus que quelques ronflements dans la tente. La section devrait normalement être au repos tout le jour. Elle le sera jusqu’au soir 20 heures où elle repartira au complet pour une nouvelle embuscade. Et à tour de rôle, dans les sections, c'est le même cirque qui recommence chaque soir lorsqu'on n'est pas en opération.

 

Mercredi 9 Mars : Retour d’embuscade à 8 heures. La section est au repos pour la journée. Nous espérons que le capitaine ne va pas nous remettre à contribution ce soir. Le temps se couvre tout doucement dans le courant de la journée et le sirocco se met à souffler. La pluie fait son apparition peu après. C’est un très bon temps pour nous, on devrait avoir la paix le restant de la soirée. Ce qui fut le cas.

       J’en profite pour écrire à mes parents. Faisant allusion à ma prochaine permission: "Il semblerait qu'on veuille nous accorder 16 jours au lieu des 23 jours qu'on nous avait promis. Nous leurs sommes trop utiles pour qu'ils nous autorisent à rester absents aussi longtemps".

 

 Jeudi 10 Mars : Lavage du linge le matin. L’après-midi, travaux de maçonnerie au PC du Bataillon. On y construit en dur une soute à munitions ainsi que deux abris pour loger les sous-officiers.

 

Vendredi 11 Mars : Section de Jour au Bataillon.

 

Samedi 12 Mars : Départ à 5 heures pour rejoindre le poste de Noukhila. Repos sur place le restant de la journée. Il est prévu d'effectuer les prochaines opérations sur le barrage frontalier. Nous avons appris que le Piper du facteur atterrira deux fois par semaine près du camp pour apporter du courrier mais aussi récupérer nos lettres à destination de nos familles. Une bonne décision pour nous. 

 

Dimanche 13 Mars : Réveil à minuit, au moment où nous dormons le mieux. Départ à pied de Noukhila. Etablissement de postes de surveillance à une vingtaine de kilomètres. Une section est en protection du PC du Bataillon. Retour à 23 heures au Poste. Beaucoup de kilomètres dans les jambes et aussi beaucoup de fatigue. Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Encore une fois nous n'en saurons rien.

       Dans les fournitures qui nous ont été données, figure un jeu de foulards de différentes couleurs que nous utilisons en opération. Il nous est demandé de porter ce foulard noué au-dessus des épaules, dont la couleur est précisée au dernier moment par le commandement. Ce foulard permet aux hommes de se faire reconnaitre par les autres unités engagées sur le terrain ainsi que par l'aviation susceptible d'intervenir dans le secteur opérationnel. 

 

        'Il me semble nécessaire d'apporter une explication quant à l'usage du foulard. Il faut se souvenir que l'Armée de Libération n'est pas identifiable, les soldats portant des tenues qui ressemblent en tout point à celles des Français. Lors d'une opération, il est souvent impossible de voir la différence entre une unité algérienne rebelle et une unité française. Surtout lorsque des fellaghas parviennent à se glisser dans une patrouille, et d'autant plus si le déploiement d'hommes est conséquent. On ne peut compter sur le faciès pour faire la différence car il peut s'agir de harkis, force supplétive composée d'Algériens favorables à la France depuis des années, ou de fellaghas récemment ralliés à l'armée française.

            Dans le but de déjouer l'infiltration, une initiative est mise en place et pratiquée par toutes les unités. Juste au moment de quitter le camp de base, chaque soldat noue un foulard à l'épaulette de sa veste.

          Pourtant, cela ne change rien, comme nous pouvons le lire dans le journal de marche d'Yves SUDRY: 'A ce moment-là, le lieutenant M... nous a rejoints sur les bords du lac, accompagné de quelques soldats. Il s'était heurté à un fort groupe de rebelles portant notre foulard jaune de reconnaissance. Il n'était pas tombé dans le piège, il avait envoyé une rafale de mitraillette dans le tas". ('Les Oubliés de la Guerre d'Algérie' par Raphaël Delpard).

 

 

Lundi 14 Mars : Retour à Boussemghoun à 8 heures et repos le restant de la matinée. Poursuite des travaux de construction à la soute à munitions et aux abris l’après-midi.

 

Mardi 15 Mars : Travaux à la soute à …

 

Mercredi 16 Mars : Départ à 8 heures. Retour à 20 heures. Pas de précision sur le lieu de l’opération qui fut pénible. Le sirocco a soufflé fort toute la journée. On a bouffé du sable...

 

1959-156--Depart-en-operation-jpg

Petite photo de famille avant le départ en opération (partie de la section).

1959-159- En convoi sur les hauts plateaux.

                                                           Sur la piste

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Arrêt provisoire pour jeter un coup d'oeil sur la carte.

1959-168--Les-helicos-sont-en-vue-jpg

   Le 'pied à terre' ne va pas tarder à résonner car les hélicos ne sont plus très loin.

1959-170--Le-PC-de-la-Cie-avec-le-capitaine--a-gauche-jpg

             Le Poste de Commandement de la Cie en opération.(Capitaine Derollez, 2è en partant de la gauche).

 

1959-171--La-4e-Section-au-depart-d-un-ratissage-jpg

                         Une partie de notre section au départ d'un ratissage.

 

Jeudi 17 Mars : La section est de Jour au Bataillon. Je suis de garde au PC. Je prends quatre jours de Salle de Police par un lieutenant, pour avoir pris la garde, tout simplement assis… Etais-je fatigué ce jour-là ? Peut-être bien mais je ne m'en souviens pas... Les quatre jours montent au Capitaine Derollez qui me les transforme en sept jours de tôle. Je pense que ma nomination au grade de Caporal est bien compromise...

 

Vendredi 18 Mars : Patrouille de surveillance autour du douar. Aucune opération n’étant programmée ce jour-là, on essaie de nous occuper à quelque chose... Donc, départ à 4 heures et retour à 12 heures pour la bouffe. Nos chiens de compagnie se sont joint à nous pour cette promenade-santé. Lavage du linge à la palmeraie l’après-midi.

 

Samedi 19 Mars : Départ pour le Poste de Noukhila à 7 heures. Repos le restant de la journée. Départ de la Compagnie en embuscade à 20 heures à une dizaine de kilomètres. Les sections sont lachées au fur et à mesure pour monter leur propre embuscade.

 

              J'ai raconté l'ascension d'un djebel de nuit, par la Compagnie, puis sa dispersion par section pour atteindre le sommet. Bien souvent, cette ascension se faisait dès le départ, par section indépendante. L'avancement était fonction des ordres donnés par le capitaine qui crapahutait lui-aussi avec sa section de commandement. Des arrêts se produisaient, permettant à d'autres sections d'avancer à tour de rôle, l'essentiel étant que l'avancement soit progressif et identique pour toutes les sections. Dès que l'ordre de stopper était donné, chacun s'empressait de s'assoir où il se trouvait, le dos appuyé contre son sac. A ce moment-là, il ne fallait pas s'endormir car l'ordre de repartir n'était pas hurlé mais chuchoté... Et cependant, c'est ce qui est arrivé à l'un de nous, certainement trop fatigué. En redémarrant, un caporal ne s'est pas aperçu qu'un de ses hommes s'était endormi un peu à l'écart. Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes que certains se sont aperçu de son absence. Dans cet intervalle de temps, nous avions parcouru quelques bonnes centaines de mètres... Aussitôt, arrêt de la progression, coup de radio au capitaine pour l'informer, engueulade du chef de section pour le temps perdu, et ordre de récupérer l'endormi... Nous avons refait le chemin en sens inverse en souhaitant que le copain, peut-être réveillé, ne nous reçoive pas avec une volée de balles. Il dormait paisiblement et la surprise fut toute pour lui...           

 

Dimanche 20 Mars : Retour d’embuscade à 7 heures. Déjeuner et retour à Boussemghoun en fin de matinée. Repos tout l’après-midi.

 

Lundi 21 Mars : Premier jour du printemps. Départ à 5 heures pour grimper le Taméda. Retour à 21 heures. Très fatiguant.

 

Mardi 22 Mars : Corvée de sable et de pierres le matin. Les deux abris sont terminés; les sous-officiers devraient être contents du travail. Peut-être décrêteront-t-ils une soirée festive pour l'inauguration des locaux... L'après-midi, nous sommes en protection du Piper qui n'a pu décoller à cause du vent violent. Il semblerait qu'une nouvelle tempête de sable se prépare. Finalement, c'est la pluie qui fait son apparition en fin de soirée. 

 

1960-016- Les travaux de maçonnerie.

                         Les travaux de maçonnerie à Boussemghoun.

 

Mercredi 23 Mars : Le vent a soufflé toute la nuit avec violence. Certaines tentes n’ont pas résistées et se sont  effondrées. Les remettre debout ne fut pas une mince affaire. Le Piper a du être maintenu au sol par des cordages. La section est de Jour au PC du Bataillon. Je vais essayer d’être plus vigilant à la garde sinon, quelque chose va me passer sous le nez… si ce n’est déjà fait. Ce n’est pas que je tienne fermement à ce petit grade mais il s’y rattache quelques avantages que je ne souhaiterais pas perdre, en particulier la solde et peut-être plus tard, le mess si j'obtiens les galons de caporal-chef.

 

Jeudi 24 Mars : Escorte d'un convoi sur le Poste de Noukhila le matin. Travaux de maçonnerie à la soute à munitions l’après-midi. Depuis qu’on  travaille à ce chantier, tout devrait être terminé mais apparemment il y a toujours quelque chose de nouveau à réaliser.  

 

Vendredi 25 Mars : Section de Jour. Arrivée des bleus en provenance de Fréjus ou d’Allemagne. On leur souhaite bonne chance...

 

Samedi 26 Mars : Départ à 7 heures 30 pour une reconnaissance sur le ‘1500’, un petit piton. Retour à 14 heures. Pas trop fatiguant mais il est vrai qu’on s’endurcit et cela nous parait plus facile. Repas, douche et quartier libre. On n'ira pas loin...

 

Dimanche 27 Mars : Départ à 7 heures pour une liaison sur Chéllâla. Retour à 13 heures sous la pluie. Liberté le restant de la journée.

 

Lundi : Section de Jour. Contre toute attente, je suis nommé caporal, lors du Rapport. La prise de mes fonctions sera effective le 1er avril prochain. A l'approche de ce premier jour du mois d'avril, j’ai tout de suite pensé à une plaisanterie surtout après ma condamnation à sept jours de tôle que je n’ai pas fait d’ailleurs. La note devait être déjà signée, sans cela… Dans le camp, il n’y a jamais eu de prison, contrairement au camp Lecocq. Cela aurait été trop beau de rester bien tranquille au mitard les jours d’opération… Les gradés évitaient, dans la mesure où la faute n'était pas importante, de punir. Avec certaines têtes dures, des risques pouvaient survenir en opération...

 

Mardi 29 Mars : Départ à 5 heures. Reconnaissance sur le ‘1600’.

 

       Ce jour-là, un caporal-chef de notre section abat un rebelle. Il a surgi brusquement devant lui, d’une toute petite cavité de rocher. Le gars de chez nous ne l’aurait certainement pas vu s’il n’avait commis cette imprudence qui lui fut fatale. Nous avons pensé qu’il était sorti de sa cache après avoir entendu certains bruits de voix, pensant certainement avoir affaire à des connaissances. Surpris, le militaire eut un réflexe normal de défense. Pas d’autres rebelles à l’intérieur de la cache sinon qu'elle contenait des vêtements et des chaussures en attente de réparation car une machine à coudre était prête à fonctionner. Nous lui avons aussitôt donné le surnom de ‘cordonnier’ sans vouloir se moquer de lui. Comment cet homme, âgé d’une quarantaine d’années, pouvait-il vivre là, tout seul en plein djebel! Personne à des kilomètres autour de lui. Etait-il animé par la foi, le réel désir de combattre pour l’indépendance de son pays ou, tout simplement, retenu là, prisonnier de ses coreligionnaires ? 

       Le retour au camp s’est fait à 14 heures. Les musulmans, pour la fête de l’Aïd-el-Kébir, avaient fait rôtir des moutons. Le soir, nous avons fait la fête avec eux.

 

           'La fête de l'Aïd-el-Kébir ou 'fête du sacrifice', est la fête la plus importante de l'Islam. Cette fête commémore la soumission d'Ibrahim à Dieu. Un exemple du 'croyant parfait', n'hésitant pas à sacrifier son fils à Dieu. Chaque famille doit sacrifier un mouton ou un bélier en l'égorgeant couchée sur le flanc et la tête tournée vers la Mecque'.      

 

          Une certaine Brigitte Bardot eut le cran de faire entendre son opposition à ces sacrifices et même, de publier un livre sur ce sujet. Peu d’hommes politiques  l’ont soutenu dans ce combat pour le respect de la laïcité en France. Il est vrai qu’il faut un certain courage…

 

Mercredi 30 Mars : En matinée, surveillance du Piper qui n’a toujours pu décoller à cause du vent. L’après-midi, transport de sable et de pierres pour nos constructions.

 

Jeudi 31 Mars : Départ à 10 heures pour Noukhila. Après-midi, patrouille en bahut autour du Poste. Peu fatiguant...que cela dure…Nous apprenons qu’au Poste de Chéllâla, un sous-lieutenant a été abattu par une sentinelle. Il se serait présenté à celle-ci sans répondre à ses sommations et en dehors des barbelés de protection. Avant de mourir, il eut le temps de dégager la responsabilité de la sentinelle. Normal mais désolant. Près d’Asla, trois fellaghas ont été tués et deux faits prisonniers. Des armes sont récupérées. Il y a eu tout de même deux tués et trois blessés parmi les forces de l’ordre. Nous apprenons également qu’un bahut a sauté sur une mine entre Aïn Sefra et Chéllâla, sur cette fameuse piste de la mort.

 

Vendredi 1er Avril 1960 : Nous partons à 8 heures pour une patrouille autour du Poste. Le retour se fait à 11 heures. A 20 heures, notre section part en embuscade à une dizaine de kilomètres du camp. Nous commençons à être rodés pour ce genre d’opération.

 

Samedi 2 Avril : Retour d’embuscade à 6 heures. Douche et repos pour la section. Départ à 19 heures 30 pour une nouvelle embuscade dans les mêmes conditions.

 

Dimanche 3 Avril : Retour d’embuscade à 6 heures. Repos pour la section. Départ à 19 heures pour une nouvelle embuscade mais à deux sections cette fois-ci.

 

Lundi 4 Avril : Retour d’embuscade à 6 heures mais un retour difficile pour moi car mes pieds me font mal. Je n’ose pas me porter consultant pour éviter de me faire remarquer. La section repart en embuscade à 19 heures pour la quatrième nuit consécutive. Je ne fais rien pour m’y soustraire. Je verrai bien au retour.

 

Mardi 5 Avril : Retour d’embuscade à 7 heures. Je marche difficilement. A 15 heures, la Compagnie part en opération. Il ne m’est pas possible de suivre dans cet état. Je décide de me porter consultant pour le lendemain, ce qui m’évite de partir avec les copains.

 

Mercredi 6 Avril : Je me porte consultant mais la consultation ne peut se faire, le médecin étant parti lui-aussi en opération. A son retour, la Compagnie est mise en alerte et en instance d’héliportage. L'alerte sera annulée dans la soirée. Je me repose... comme tous les copains.

 

Jeudi 7 Avril : L'opération héliportée est retardée à nouveau à cause du mauvais temps. Je me porte consultant. C'est un nouveau médecin, le s/lieutenant Georges Palanque qui m'examine et me fait donner des soins. Dans la soirée nous réintégrons le camp de Boussemghoun.

 

Vendredi 8 Avril : Toujours en instance d’héliportage mais l'opération est retardée à cause du mauvais temps. Nous restons en alerte près de nos sacs à dos et nos armes. Nous apprenons, dans le courant de la journée, que la Légion et le commando Cobra ont accroché une forte bande de rebelles dans le secteur de Géryville. Peut-être s’agit-il de cette bande qui avait dressé l’embuscade à l’une de nos Compagnies, il y a très peu de temps! Une soixantaine de fellaghas auraient été mis hors de combat et il y aurait de nombreux prisonniers. 2 mitrailleuses et 4 fusils-mitrailleurs ont été récupérés ainsi que de nombreuses armes individuelles. Parmi les forces de l’ordre, il y aurait eu une trentaine de morts et une vingtaine de blessés, signes que l'opération fut rude.

 

            Dans la région de Saïda et Géryville, il y avait deux commandos de chasse à la réputation solide:  

 

      «En 1959, le secteur de Saïda est l'objet de nombreuses attaques de Postes militaires, d'embuscades et d'assassinats. Ce secteur est dirigé par BIGEARD qui autorise la création du commando GEORGES sous les ordres du lieutenant GRILLOT, dont les effectifs atteindront 400 hommes.

           Devant les succès remportés par ce commando, composé essentiellement de rebelles ralliés, il décide de créer cette même année de 1959, un deuxième commando dénommé COBRA sous les ordres du lieutenant GAGET. Il est composé de 200 hommes volontaires du secteur de Saïda, pieds-noirs et musulmans, qui sera utilisé pour des missions d'infiltration et de lutte contre l'OPA (Organisation Politique et Administrative du FLN).

            A la fin de l'Algérie française, les patrons de ces deux commandos refuseront de rejoindre l'OAS. Au commando GEORGES, beaucoup de musulmans, se sentant abandonnés, déserteront. Les autres auront un destin difficile sinon tragique pour certains d'entre-eux, tels les sous-lieutenants RIGUET (qui mourra ébouillanté dans un fût de 200 litres), BENDIDA (qui sera découpé vif en lamelles) et HABIB dont on ne retrouvera pas le corps ».("Commando Cobra-couscous-paëlla et destins").

 

              "Il y a peut-être une autre raison qui les retient de retourner à la rébellion. C'est que l'on ne peut déserter qu'une fois, soit dans un sens, soit dans l'autre. Mais on ne peut déserter deux fois. Ils sont 'mouillés' à fond et n'ont plus le choix qu'entre fidélité et égorgement. La désertion est un aller simple, jamais un aller et retour". ('Histoire Militaire de la Guerre d'Algérie' par Henri LE MIRE).        

 

         Le lieutenant Gaget écrira plus tard, deux ouvrages sur l’aventure de ces deux commandos. Les lieutenants Gaget et Grillot termineront tous deux leur carrière militaire avec le grade de général.

 

Samedi  9 Avril : L’héliportage est encore une fois retardé à cause d’un "plafond trop bas"', pouvant faire courir des risques aux équipages et aux troupes.

 

Dimanche 10 Avril : Même situation. Une situation dont bénéficient les rebelles...

 

         Lors des opérations héliportées, les sections sont constituées en sticks de six à sept hommes, avec à leur tête, un gradé.

 

  1959-181-Bou-Semghoun-Constitues-en-sticks--nous-attendons.jpg

                        En attente d'héliportage.  A ma droite: sergent X, Jalpy, Goux. A ma gauche, sergent Maquard, Lafont, caporal-chef Kairet.

 

1959-183--Bou-Semghoun.-Arrivee-des-helicos-jpg                         Les hélicos se posent en limite du camp.                                                        

 

        L’ordre d’embarquer est donné par le capitaine de la Compagnie. Les hélicos, du type "Sikorsky H34", se présentent et se posent sur la DZ plus ou moins improvisée à cet effet, dans un bruit de moteur assourdissant, soulevant des nuages de sable. Le premier stick s’avance vers l’hélico. Une marche rudimentaire constituée par une barre de fer, permet d’accéder à la carlingue.

 

1959-184--Bou-Semghoun.-Heliportage-en-cours-jpg

 Héliportage en cours. Le commandant Roy de profil.

 

       Chacun se hisse plus ou moins aisément, en fonction du poids de son équipement et prend place sur un des sièges métalliques disposés de part et d’autre de la carlingue. Il n’y a pas de véritable séparation entre la carlingue et le poste de pilotage qui est surélevé. Dans celui-ci, se trouvent les deux pilotes, les commandes étant en double.Un troisième homme est assis près de la porte de la carlingue, se préoccupant des hommes à embarquer.

 

1959-191--Photo-prise-en-vol-jpg

                                                                                                                                       En vol.

 

     'Le 'Sikorsky S-58', qui sera dénommé plus tard 'H-34 Choctaw', est un hélicoptère militaire américain conçu pour la lutte  anti-sous-marine. Après la guerre d'Indochine, l'armée française connait une certaine opulence en moyen aéronautique durant la guerre d'Algérie. C'est ainsi que naît la 'manoeuvre héliportée', organisée autour des détachements d'interventions héliportées, qui participera à toute la guerre d'Algérie dans la lutte contre-guérilla qui va se développer dans les maquis algériens dès 1955'. ('Sikorsky H-34').     

 

       La porte reste ouverte sur le vide pendant toute la durée du vol; seule protection, une sangle tendue en travers. L’hélico décolle du sol lourdement dans le bruit infernal de ses 600 cv, les pâles de son rotor soulevant à nouveau des nuages de sable. Il s’éloigne tout en prenant de la vitesse et de l’altitude. Ne pouvant parler à cause du bruit, on se contente de regarder le djebel qui défile par la porte. D’ailleurs, parler de quoi ! Chacun est dans ses pensées à ce moment-là… L’air fouette l’intérieur de la carlingue; à la bonne saison, c’est supportable… Le vol dure très peu de temps et le sommet du piton sur lequel on doit être déposés est vite en vue. L’hélico ralentit sa vitesse, le pilote essayant de repérer rapidement une partie de terrain dénudé. Le préposé enlève la sangle de protection et glisse son arme sous le bras ; on ne sait jamais… A ce moment-là, on espère que le pilote prendra le temps de poser les deux roues de son engin sur le sol car il n’est pas question d’utiliser le marchepied, il faudra sauter. Parfois, il arrive que le pilote ne souhaite pas prendre de risque et stabilise son appareil à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol. C'est toujours de trop pour nous car, entre le poids de  l'équipement et celui de l' armement, on est plutôt du genre lourdaud. On saute en espérant ne pas se casser une cheville en se réceptionnant au sol...

 

     Dès notre dépose, nous nous éloignons rapidement de l’hélico pour nous placer en position défensive. Seul, le bon Dieu, s’il existe, peut savoir si les rebelles sont dans les parages. Dès que le dernier homme est sorti de la carlingue, l'hélico repart aussitôt car il est, à ce moment-là, dans une position de grande vulnérabilité. L’hélico parti, un autre arrive aussitôt avec son chargement d'hommes. Il faut attendre que tous les sticks soient déposés pour que les sections se reconstituent et occupent pleinement le sommet du djebel. De tout le temps que dure l’héliportage, le l'hélico-canon survole la zone d'héliportage pour assurer la protection des hélicoptères et des troupes débarquées. Et le Piper d'observation tourne lui aussi au-dessus de la zone. 

 

1959-188--Bou-Semghoun.-L-helico-canon-appele-le-Pirate-jpg

Le 'Pirate', l'hélico-canon de protection.

 

        "Le 'Pirate' est le surnom donné à un hélicoptère lourd du type 'Sikorsky S-58/H34' de l'armée de l'air ou de l'aéronavale, que l'on a armé d'un canon MG 151/20, monté sur un affût à la porte du cargo, et de deux mitrailleuses M2 de 12,7 m/m, qui peut tournoyer au-dessus d'un point à surveiller, les armes pointées vers la zone suspecte et donc prêt à intervenir à tout moment.  C'est un gage de sécurité extraordinaire pour les équipages d'hélicoptères en phase finale d'approche sur des zones inhospitalières". ('Sikorsky H-34').   

 

 

1959-185-Piper-d-observation-en-operation-jpg

                                                           Surveillance terrestre par les Pipers.

 

       L’armée française fut la première au monde à expérimenter au combat, l’utilisation de ces appareils de transport qui se fera à partir de l'année 1955. 

       Deux phrases de Bigeard illustrent sa maitrise du sujet :

      "... On n'emploiera jamais aussi bien l'hélicoptère que si l'on sait s'en passer..." et : "...Il convenait de ne pas gaspiller un moyen coûteux, relativement fragile, et en conséquence, de ne le confier qu'à une troupe de valeur."

 

        Contact: riton16@orange.fr

 

 

 

 

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Published by anciens-8erima-algerie
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commentaires

LE BIHAN Pierre 12/09/2013 09:27

J'ai beaucoup aimé ce récit. J'ai moi même séjourné dans l'ouest oranais de 1958 à 1960 au 6 ème bataillon de tirailleurs algériens.Nous avons fait Tlemcen, ain fezza, Ain Séfra.Les noms tels que
Tiout (on allait y prendre de l'eau) tameda, Méchéria, monts des ksours etc... me sont familiés.En 59 nous avons séjourné environ 8 mois à Ain el hadjadj, au sud d'Ain Séfra.Dans les années 80 j'ai
écrit un livre relatant mon parcours. Comme je me retrouve en te lisant. Amitiés.

anciens-8erima-algerie 12/09/2013 11:43



Bonjour Pierre,


Merci d'avoir lu mes souvenirs d'Algérie.


Tes souvenirs, comme les miens, comme ceux de nous tous, ne doivent pas rester ancrés uniquement dans nos mémoires; c'est bien d'avoir publié tes souvenirs. J'espère que, dans ton prochain
commentaire ou sur mon adresse-mail, qui figure au fin fond de mes souvenirs, tu citeras le nom de ce livre pour qu'on puisse le lire.


Bien amicalement à toi. 



lucien 17/03/2013 10:46

l'oficier tuait par la sentinelle était un lieutenant du génie. il avait subtiliser le fusil de la sentinelle qui dormait. cela pouvait arriver une minute ou deux. Il a continué sa ronde et s'est
representait à la sentinelle en passant en dehors des barbelés. ce qu'il ignorait c'est que l'autre c'etait procure un fusil. il a fait les sommations mais le lieutenant n'a pas repondu. Bien
triste histoire

anciens-8erima-algerie 17/03/2013 15:47



Bonjour,


Très juste. J'ai appris la véracité des faits il y a de cela très peu de temps, par un ancien du 8ème RIMa. Ce lieutenant souhaitait faire payer très cher deux minutes de somnolence à cette
sentinelle. Malheureusement pour lui, celle-ci a réagit très rapidement en se procurant une arme et en assurant convenablement ce pourquoi il était là. Triste fin pour lui mais, avant de mourir,
il eut le mérite de dévoiler la vérité et la sentinelle ne fut pas inquiétée par la suite. Merci d'avoir lu mon blog. Cordialement.



nehili 12/09/2012 00:13

j ai lu tres attentivement vos ecrits sur boussemghoun le but de mon commentaire est d attirer votre attention sur l usage du mot douar qui signifie regroupement de plusieurs tentes guitounes ce
qui n est pas le cas de boussemghoune qui est reelement un ksar que vous avez parfaitement decrit dans vos ecrits

anciens-8erima-algerie 12/09/2012 14:19



Bonjour monsieur,


La définition donnée au mot "douar" par le dictionnaire Larousse est le suivant: "Groupe de tentes arabes disposées avec une certaine régularité et soumisesà un même
chef".


Votre observation est donc tout à fait justifiée. Je pense que pour bon nombre de soldats français, il était plus facile de prononcer 'douar' plutôt que 'k'sar'.


Suite à votre mail, j'ai apporté une information complémentaire à ce sujet au chapitre: "6-BOUSSEMGHOUN  I ". Cordialement.